REPORTAGE – Sous la direction de Jean-Baptiste Sastre et de Hiam Abbass, quinze jeunes Allemands et autant de Français marginalisés déclament les mots de l’écrivain dans le camp de concentration, près de Weimar. Une expérience forte qui peut ébranler.
Derrière les vestiges des latrines du Petit Camp de Buchenwald, il ne reste qu’un trépied de poutres, sur lequel Jovana, 18 ans, s’est adossée. Devant ses camarades assis sur un monticule de terre, au milieu des primevères et des mousses tendres, elle fait entendre l’extrait qu’elle a choisi de L’Écriture ou la vie, de Jorge Semprun. La récitation, en allemand, déchire le silence. Nous sommes en contrebas du camp, dans l’ancienne zone de quarantaine pour tuberculeux, devenue en 1944 un mouroir aux conditions de vie barbares. Faut-il rappeler que la plupart des déportés y terminant leurs jours ne pouvaient se rendre à ces dites latrines, incapables de s’extirper de leurs couchettes surpeuplées ? Dans ces anciennes écuries sans fenêtres, conçues à l’origine pour 500 chevaux, s’entassaient jusqu’à 2000 prisonniers.
Le lieu a beau évoquer quelques-unes des heures les plus sombres de notre Histoire, il n’a pas fait reculer Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass. Le metteur en scène de théâtre…
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