« #MeToo est instrumentalisé » : Tristane Banon prend la défense de Franck Gastambide contre Médiapart

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La romancière et essayiste pointe la faiblesse d’un article dans lequel l’acteur et réalisateur serait mis en cause par six femmes pour des prétendues violences sexuelles et psychologiques. Outre l’absence de plaintes, 99% des témoignages qui l’accablent y sont anonymes.

Dans la dernière édition de l’hebdomadaire Franc Tireur , Tristane Banon écrit ce que beaucoup ont pensé en découvrant il y a une dizaine de jours, un article de Mediapart sous le titre : «L’acteur et réalisateur Franck Gastambide mis en cause par six femmes.» Un titre qui contient de quoi détruire sa carrière. Outre sa série à succès Validé pour le groupe Canal+, Franck Gastambide travaille pour les plateformes américaines. Avec ses thrillers d’action comme La Cage et le remake du Salaire de la peur, il est une valeur sûre de Netflix. Or, outre-Atlantique, un soupçon de scandales #Metoo suffit aux conseils administrations pour donner l’ordre à leurs filiales françaises de ne plus signer de contrats avec untel ou untel.

Une rapide revue de presse montre que l’article de Mediapart a été très peu repris par les grands médias français. Contrairement à Ary Abittan et à Gérard Depardieu, Franck Gastambide n’est pas conseillé par de puissants communicants de crise qui ne reculent devant rien. L’instruction à charge de Mediapart n’a tout simplement pas convaincu. « Il y a un hic de taille, l’absence de plainte, écrit Tristane Banon. Et une seule femme qui donne son nom. La comédienne et militante féministe Marion Séclim affirme que le sexe du comédien aurait frotté sa main il y a douze ans. L’accusé nie le geste mais admet une mauvaise blague dont il a encore honte aujourd’hui.»

Tous les autres témoignages apparaissent sous nom d’emprunt. Par deux fois, ils s’annulent d’eux-mêmes. L’une de ces femmes évoque ainsi une conversation déplacée pour aussitôt affirmer qu’elle n’en a pas été «gênée.» Médiapart est obligé de le préciser. Une autre accuse Gastambide de « harcèlements » mais l’article de Mediapart fait état de preuves que cette femme a elle-même exercé allant jusqu’à menacer Gastambide à plusieurs reprises, ainsi que ses proches, de mort et de représailles.

«Ne reste qu’un titre vendeur, gonflé à l’hélium victimaire. Un titre paparazzi symptôme d’une dérive journalistique», dénonce Tristane Banon. Et de conclure : avec ce type d’articles, « on prend le risque de voir un jour le lecteur jeter #MeToo avec ceux qui l’auront insensément instrumentalisé ».

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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