Dans un rapport publié mercredi, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale qu’elle présidait a fait état de violences sexuelles « systémiques » dans la culture, notamment dans le cinéma.
La 78e édition Festival de Cannes sera-t-elle celle d’un basculement culturel ? C’est en tout cas le souhait de Sandrine Rousseau, qui présidait la commission d’enquête parlementaire sur le #MeToo dans la culture. Selon elle, le rendez-vous annuel sur la Croisette devrait devenir « le lieu de renversement des mentalités » sur les violences sexuelles dans le cinéma, a-t-elle affirmé mercredi.
« Le Festival de Cannes doit être le lieu de ce renversement des mentalités, doit être le lieu où on dit haut et fort (…) dans les paillettes et les tapis rouges (…) qu’enfin on a envie, tous et toutes, tous les acteurs, tous les échelons de ces métiers, que ça change », a déclaré l’élue écologiste, à la veille de l’annonce de la sélection officielle de ce festival, qui se tiendra du 13 au 24 mai.
Dans un rapport publié mercredi, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale qu’elle présidait a fait état de violences sexuelles « systémiques » dans la culture, notamment dans le cinéma, et listé 86 recommandations pour stopper « la machine à broyer les talents ».
« Vous avez une responsabilité en tant que lieu de pouvoir. »
Sandrine Rousseau
« C’est un message que je lance au Festival de Cannes », a poursuivi Sandrine Rousseau, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse. « Vous avez une responsabilité en tant que lieu de pouvoir. Cette responsabilité elle est de dire : nous vous entendons, nous vous croyons, nous vous accompagnerons, et nous ne voulons plus que ce monde-là soit structuré de cette manière », a-t-elle dit.
À ses côtés, le rapporteur de la commission d’enquête, le député centriste Erwan Balanant, a lui aussi estimé que ce festival devait en faire plus. « Ils ne peuvent plus, aujourd’hui, ignorer un certain nombre de choses que nous décrivons dans ce rapport, de façon rigoureuse, de façon méthodique », a-t-il souligné. « S’ils peuvent continuer, parce qu’ils ont un petit peu commencé, ça serait bien », a-t-il ajouté.
La présidente du Festival de Cannes Iris Knobloch et son délégué général Thierry Frémaux avaient été interrogés par la commission d’enquête début décembre. Au total, quelque 350 personnalités de la culture ont été entendues tout au long de ses six mois de travaux.
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