Nous y étions – La Centrale Canine a inauguré le 15 mai en Seine-Saint-Denis, l’un des plus grands musées du monde dédié aux canidés où sculptures, peintures et tapisseries célèbrent le meilleur ami de l’homme.
Nos fidèles compagnons à quatre pattes ont droit à leur musée ! Jeudi 15 mai à Aubervilliers, la Centrale Canine a inauguré son espace de 500 m2 consacré au meilleur ami de l’homme, devant une foule de journalistes et de partenaires. Fondée en 1881 et reconnu d’utilité publique depuis 1914, l’association souhaite rendre hommage à l’animal à travers son nouveau musée.
Direction 155 avenue Jean Jaurès, à Aubervilliers. Une fois arrivé au siège de l’association, il est indispensable de prendre l’ascenseur pour accéder au cinquième étage du bâtiment. Après un petit couloir orné de quelques statuettes de chiens, le musée s’offre à nous. Une première pièce entièrement vitrée fait office de hall d’entrée. Griffons, Chihuahuas, Braque de l’Ariège… sur ses parois sont accrochées gravures, photos et tapisseries de canidés de toutes races. Difficile aussi de passer à côté de l’imposant Livre des origines écrit en 1885 qui répertorie les différentes espèces de chiens. Le visiteur peut aussi admirer une collection d’étiquettes détaillant les caractéristiques des canidés. Celles-ci étaient placées dans les paquets de cigarettes anglais au début du XXe siècle.
« Le chien occupe une place de plus en plus importante dans la société comme dans nos vies. Un tiers des Français en possèdent et c’est à ce titre que nous avons voulu faire un musée à son honneur. C’est l’un des trois plus grands au monde et il est à Aubervilliers ! », a déclaré lors de son discours d’inauguration le président de la Centrale Canine, Alexandre Balzer. Ironie du sort, son allocution s’est achevée sous les aboiements d’un cocker.
Chiens de la Première Guerre mondiale
Le musée héberge une collection d’œuvres d’art provenant en grande partie des donations du vétérinaire Michel Contart (décédé en 2008) ainsi que de la musicologue et historienne Marcelle Benoît. Au sein d’une grande salle, trône une copie d’un magnifique manuscrit du XIVe siècle ayant appartenu au prince pyrénéen, Gaston III de Foix-Béarn, célèbre sous le nom de Gaston Fébus (1331-1391) : « C’est le premier ouvrage conservé en France qui relate la sélection canine. Il détaille par exemple quels types de chiens il faut pour chasser le lièvre, le chevreuil…», souligne Dorothée Fabre, la responsable du musée qui assure la visite du lieu. Tout autour sont exposées plusieurs sculptures contemporaines dont la statuette Les deux chiens, d’Édouard Drouot, un artiste connu pour ses œuvres en bronze et en marbre. Riche de 3500 livres, la bibliothèque rappelle que le lieu a longtemps été réservé aux chercheurs, historiens et spécialistes. Elle est à présent accessible au grand public.
Des photos de sculpture représentant des soldats de la Première Guerre mondiale qui posent fièrement avec leur fidèle compagnon illustrent des moments de complicité et de tendresse figés dans le temps. Ces sculptures, ont été réalisées à l’occasion d’un concours lancé par la Centrale Canine, lors du centenaire du conflit. « Le chien est plus qu’un compagnon. C’est un auxiliaire pour la justice, pour les hôpitaux. Il mérite complètement sa place au musée », nous confie durant la visite, Ramella, commandante au CNFUC (Centre national de formation des unités Cynotechniques).
Dans la même salle, le visiteur sera surpris par un impressionnant malinois naturalisé, assis sur une table. Il s’agit de Vass, un champion de Ring multi primé dans les années 1980. Sport canin particulièrement populaire en France au début du XXe siècle, le Ring mêle exercices de sauts, d’obéissance et de défense.
Oeuvres du XIXe siècle
Si l’on peut regretter une trop brève partie sur la place des chiens dans la publicité et la pop culture, le musée fait en revanche la part belle aux canidés dans l’art au XIXe siècle et du début du XXe siècle. À partir de cette époque, le chien est de plus en plus représenté dans les toiles du mouvement romantique ou de l’école de Barbizon (des années 1820 jusqu’aux années 1875).
« Nous avons des petites œuvres de grands maîtres et des grandes œuvres de petits maîtres », a indiqué avec un large sourire, Dorothée Fabre. Parmi elles, une représentation cocasse de l’aquarelliste Charles de Condamy (1847-1913), qui a fait des canidés son sujet de prédilection, ou les œuvres réalistes de l’illustrateur Xavier de Poret (1894-1975) et de l’artiste Louise Lalande (1834-1890), dont la toile Le Beauceron, gardien de troupeau, vaut à elle seule le détour. Les férus de canidés pourront également contempler une niche-tabouret richement décorée dans le style Second Empire (1851-1870). Tout un univers où le patrimoine s’entremêle à l’émotion que le public peut visiter accompagné de son chien, à condition de le tenir en laisse.
Horaires d’ouverture :
Du lundi au vendredi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30.
Uniquement sur rendez-vous téléphonique au 01 49 37 55 57 ou par mail à l’adresse suivante : mediathèque@centrale-canine.fr
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