Bientôt à l’affiche dans Haut les mains de Julie Manoukian, l’acteur de 53 ans affirme avoir refusé un rôle où son visage serait vieilli par l’intelligence artificielle au lieu du maquillage.
« Je ne consens pas. » Le comédien Vincent Elbaz a révélé vendredi avoir refusé, par souci d’éthique, des retouches de son image par intelligence artificielle (IA) que lui proposaient des réalisateurs de cinéma.
« Le métier d’acteur, c’est le corps et l’esprit », déclare l’acteur de 53 ans lors d’une conférence de presse à Paris pour présenter le « contre-sommet de l’intelligence artificielle » qui aura lieu au Théâtre de la Concorde le 10 février. La conférence se déroulera en parallèle du sommet mondial « pour l’action sur l’IA » à Paris.
Est-ce que j’ai le choix ? Je ne sais pas, ce n’est pas mon film, je ne suis pas le réalisateur. Mais là je n’ai pas consenti : pour m’abîmer le visage, j’ai l’habitude de travailler avec les maquilleurs.
Vincent Elbaz
Vincent Elbaz affirme s’être vu proposer un rôle où son visage serait vieilli via la retouche des images lors de la post-production, au lieu d’un maquillage lors du tournage. « Est-ce que j’ai le choix ? Je ne sais pas, ce n’est pas mon film, je ne suis pas le réalisateur. Mais là je n’ai pas consenti : pour m’abîmer le visage, j’ai l’habitude de travailler avec les maquilleurs », déclare-t-il.
« Il va falloir que je me lève très tôt et passer par deux heures de maquillage. Mais moi ça ne m’intéresse pas qu’on m’évite cet effort, explique le comédien, bientôt à l’affiche dans Haut les mains de Julie Manoukian. « L’effort que je fournis fait partie du métier. Par exemple, pour certains rôles, il faut des mois de préparation physique intense. Là, on va me proposer : fais ta préparation et, si tu n’arrives pas exactement à ce qu’on demande, s’il y a des choses à corriger, on ajustera par intelligence artificielle. Non, je ne consens pas », lance-t-il.
« Nous sommes en danger. Nos voix sont pillées. »
Brigitte Lecordier, comédienne de doublage.
Vincent Elbaz fait partie des témoins, appelés lors de ce « contre-sommet », qui partageront leur expérience de l’incidence de l’IA sur leur profession. Autre concernée, également présente devant la presse vendredi, Brigitte Lecordier, comédienne de doublage, a alerté sur la menace planant sur son métier.
« Nous sommes en danger. Nos voix sont pillées, on nous les vole pour les reproduire par IA, et nous n’avons pas donné notre accord pour ça », déclare celle qui est connue pour la voix de Son Gokû dans Dragon Ball Z. Elle affirme que le ministère de la Culture restait sourd aux demandes pour en discuter, malgré une pétition de 160 000 signatures pour soutenir la profession. « Nous n’avons toujours pas été reçus par le ministère. Nous sommes 5 000 comédiens qui essaient, par un biais ou un autre, une connaissance… Et rien ne marche. Je pense que ça ne les intéresse pas », déplore-t-elle.
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