« Peut-être que ça viendra un jour », estime le vice-président du groupe, certain que de plus en plus d’ouvrages seront créés par des machines ces prochaines années.
Le numéro un français de l’édition, Louis Hachette Group, pourrait-il publier un jour des livres écrits grâce à l’intelligence artificielle (IA)? « On verra », a tranché son vice-président Arnaud Lagardère, mardi 29 avril. « On a aujourd’hui garanti que cette IA n’était pas dans les créations elles-mêmes. Et notre image à nous, c’est que nous avons des auteurs à l’intelligence naturelle suffisante pour qu’ils n’aient pas besoin d’être relayés par l’intelligence artificielle », a-t-il encore affirmé lors de l’assemblée générale des actionnaires à Paris.
« Mais c’est vrai qu’on verra paraître, de plus en plus, des ouvrages qui seront créés comme ça, par des machines. Alors on n’en est pas encore là aujourd’hui, même s’il y a quelques tentatives. Peut-être que ça viendra un jour », a poursuivi Arnaud Lagardère. « On verra ce qu’on fera à ce moment-là, bien évidemment. Mais, enfin, je n’ai aucune crainte que les auteurs vivants, les personnes physiques vivantes sauront tirer leur épingle du jeu », a-t-il conclu. Le groupe Hachette comprend notamment les maisons d’édition Larousse, Marabout, les éditions Albert René, Le livre de poche, Hatier ou encore Gautier-Languereau.
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Les grands éditeurs en France restent très prudents face à cette nouvelle technologie, estimant qu’elle risque de produire des livres de qualité médiocre, au style plat et truffés d’erreurs. En 2023, un historien, Raphaël Doan, avait publié chez Passés/Composés Si Rome n’avait pas chuté, en revendiquant avoir utilisé ChatGPT. Mais il s’agissait d’une uchronie, permettant à l’IA de tordre les faits historiques à sa guise. Rie Kudan, lauréate 2024 du prix Akutagawa, le plus prestigieux prix littéraire japonais, avait admis qu’« environ 5% » de son livre avait été écrit par IA.
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