CRITIQUE – Dans une nouvelle lecture, le comédien évoque l’art du portrait à l’ombre d’Emil Cioran. Autour du désespoir de l’écrivain, il propose un spectacle où triomphent l’intelligence, la vivacité et une irrésistible drôlerie.
Les chants désespérés sont les chants les plus drôles. Emil Cioran et Fabrice Luchini en font la preuve dans un spectacle sur les cimes de l’esprit. La scène se déroule dans un salon élégamment meublé. Le clair-obscur est chaleureux. Le comédien reçoit son public comme il le ferait en sa maison. Il s’assied dans un grand fauteuil à oreilles et feuillette avec nous l’Anthologie du portrait, les Cahiers, la correspondance de Cioran.
Pas de grands principes, de système, mais de l’anecdote, du détail, du particulier. C’est le premier effet de cette lecture, libérer l’individu de la lourdeur collective ; comme les enfants sèchent l’école, faire avec le meilleur camarade qui soit la société buissonnière. On croise des princes et des concierges, Jean-Jacques Rousseau et Samuel Beckett, Talleyrand déjà mort et Robespierre prêt à faire tourner la guillotine. C’est une conversation plus qu’une lecture, une sorte d’autoportrait aussi où Luchini dévoile son intimité avec Cioran.
Le penseur l’indiffère…
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