CRITIQUE – Austen, Gary, Saint-Exupéry… La façon dont un écrivain meurt est-elle révélatrice de sa vie ? Et que dit-elle de son œuvre ? Les auteurs Frédéric Rouvillois et Sophie Vanden Abeele-Marchal, ainsi que Robin Nitot, se sont posé la question.
Souvent, ce que les lecteurs retiennent de la vie des auteurs, c’est leur mort. Quelques lignes, tout au plus. En la matière, les écrivains suicidés se sont assuré leur postérité. Sylvia Plath a mis la tête dans son four, Kawabata a ouvert le gaz dans sa salle de bains, Mishima s’est ouvert le ventre, Deleuze s’est jeté par la fenêtre. Quant à Hemingway, Romain Gary et Montherlant, ils ont opté pour une balle dans le crâne. De la même manière, on se souvient davantage des romanciers morts prématurément, comme Camus, dans un accident de voiture, et le philosophe Barthes, fauché par une camionnette, que de ceux qui se sont endormis paisiblement.
L’aviateur Mermoz l’écrivait ainsi : « L’accident, pour nous, ce serait de mourir dans un lit. » Malgré tout, spectaculaire ou banale, la mort de l’écrivain est déjà un roman en soi. Une histoire. Un mythe. Quels récits n’a-t-on pas fait sur le mystérieux décès d’Edgar Allan Poe ? Le suicide de Sappho, jetée…
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