L’Académie des beaux-arts monte au créneau pour défendre la culture face aux coupes budgétaires

Date:

« Les vives et violentes critiques adressées aux acteurs culturels et aux artistes par certains élus n’ont pas leur place dans le débat public », mettent en garde les académiciens.

L’Académie des beaux-arts dénonce mercredi « la violence et l’absence totale de concertation et de transparence dans des décisions unilatérales prises au niveau de collectivités locales de tous bords politiques ». Cette réaction fait suite à une série de coupes budgétaires dans le secteur culturel, tant au niveau régional que national.

L’Académie des beaux-arts appelle « les responsables publics à maintenir un dialogue respectueux avec les acteurs culturels et les artistes. Les vives et violentes critiques adressées à ces derniers par certains élus n’ont pas leur place dans le débat public ». L’Académie ne distribue pas les bons ou mauvais points nommément mais cette communication intervient alors que Christelle Morançais, présidente des Pays de la Loire, a fait beaucoup parler d’elle en coupant dans les subventions culturelles de son budget, à l’instar de plusieurs grandes villes, départements ou régions. Alors que les professionnels du secteur ont manifesté leur colère fin 2024 après l’annonce d’une suppression de 73 % du budget culturel de la région, Christelle Morançais avait expliqué : « la culture serait donc un monopole intouchable ? Le monopole d’associations très politisées, qui vivent d’argent public ».

« Chaque euro d’argent public investi dans un festival, un musée, une compagnie, un lieu de création etc. génère jusqu’à dix fois plus en termes d’activité. »

Académie des beaux-arts.

« Se contenter de prétendre que les arts et les artistes doivent être tout simplement “ intouchables ” n’aura comme seule conséquence de rendre nos discours “inaudibles”. » La culture ligérienne n’est pas la seule touchée. En janvier 2025, Kléber Mesquida, président socialiste du département de l’Hérault a annoncé réduire de 48 % les subventions accordées à la culture. l’Académie des beaux-arts ne saurait que trop encourager les responsables d’institutions culturelles à communiquer publiquement sur la réalité de l’ampleur des retombées économiques directes et indirectes de leurs activités. Trop de nos concitoyens et parfois de nos élus ignorent encore ces données. Chaque euro d’argent public investi dans un festival, un musée, une compagnie, un lieu de création etc. génère jusqu’à dix fois plus en termes d’activité et contribue, plus largement, à côté des initiatives privées, à l’attractivité touristique ou économique de la France.»

Ces derniers jours, les établissements culturels ont appris, en même temps que les établissements scolaires, le gel des crédits de la part collective du Pass Culture, dispositif destiné aux jeunes. « La liberté de recherche, de création et de diffusion ne saurait être remise en cause au prétexte de tensions budgétaires, estime l’Académie avant d’ajouter, la place des arts et des artistes dans notre société doit être assurée. Il en va de l’épanouissement de chacun et du bonheur de tous. Nier cette nécessité et ne plus se donner les moyens de l’assurer, c’est contribuer au développement des menaces qui planent sur notre démocratie qui se nourrit des bénéfices sociétaux que procurent les arts vivants, à côté de la découverte de notre patrimoine matériel et immatériel. »

Source du contenu: www.lefigaro.fr

Share post:

Populaire

More like this
Related

Italie–Israël : le choix de Rome, le silence de Paris

La décision de Giorgia Meloni de suspendre le renouvellement...