Courtesy of Netflix
Le célèbre duo fait face à leur ennemi juré et à une invention qui se retourne contre eux. Un concentré d’humour et d’excentricité britanniques décrypté par ses créateurs.
« La première apparition de Wallace et Gromit était en 1989 dans le court-métrage Une grande excursion, qui était mon projet de fin d’études. Je n’arrive pas à croire que ces protagonistes aux noms un peu niais soient devenus des piliers de la pop culture britannique », s’étonne le réalisateur Nick Park. Après dix-sept ans d’absence des écrans, l’inénarrable inventeur anglais fou de fromage du Yorkshire et son fidèle compagnon canin en pâte à modeler sont de retour dans un long-métrage, La Palme de la vengeance. Diffusé sur la BBC ce 25 décembre en guise de cadeau de Noël, le film est désormais disponible sur Netflix pour les audiences internationales.
Plus que jamais accro à ses gadgets, au grand désespoir de l’anxieux Gromit, le désargenté Wallace touche enfin au seuil de la gloire après avoir mis au point un nain de jardin connecté, capable de tailler les haies et de ranger les remises. Las, sa créature suscite les convoitises de son ennemi juré, le sinistre Feathers McGraw. Le pingouin cambrioleur se languit derrière les barreaux de sa prison-zoo. Pour sauver son maître toujours dans les nuages, Gromit va devoir prendre les choses en main.
Merveille d’humour et d’excentricité, cette nouvelle production des studios Aardman pousse encore plus loin ce qu’il est possible de réaliser en stop motion avec des figurines en argile, résine ou silicone : un régiment de gnomes, une course-poursuite en péniche, une filature en plein brouillard. Sans oublier cet adversaire irrésistible de flegme qu’est Feathers McGraw. « L’idée du robot-gnome me trottait dans la tête depuis le premier long-métrage Wallace et Gromit : le mystère du lapin-garou en 2005, mais le concept d’une technologie qui tournait mal manquait de consistance. Il fallait plus comme ça, comme le retour d’un méchant archi-motivé comme McGraw. Cela apportait une dimension sinistre et personnelle », avoue Nick Park.
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Ce manchot muet, qui désespère d’avoir une crête comme les coqs, cligne à peine des yeux. « Il a une économie de mouvements radicale. Le moindre de ses petits pas est aussi crucial que son immobilisme. Il a fallu modérer l’enthousiasme des animateurs, tentés de le rendre trop expressif, de le faire se dandiner au lieu de le faire glisser subrepticement. Cela faisait basculer l’oiseau dans un registre comique », note le coréalisateur Merlin Crossingham. Lui et Nick Park multiplient les clins d’œil à des œuvres cultes. Pêle-mêle : Le Village des damnés – pour l’armée de nains de jardin piratés et donc possédés -, Rebecca, de Hitchcock, ou encore Les Nerfs à vif, de Scorsese.
Planchant sur cette aventure pendant plus d’une décennie, le duo s’est retrouvé en pleine actualité en évoquant les dérives de l’intelligence artificielle. « Nous ne pensions pas être contemporains ce point. Un peu désuets, Wallace et Gromit sont le produit d’une époque révolue. Lorsque la production sur La Palme de la vengeance a débuté il y a quatre ans, l’intelligence artificielle n’était pas le sujet brûlant qu’elle est devenue. C’était un principe encore un peu abstrait, dont les retombées semblaient lointaines. Désormais, c’est une réalité concrète qui est perçue comme une menace par nombre d’industries créatives. » Et de s’interroger à travers leurs héros : « Faisons-nous confiance à la technologie et aux cerveaux humains qui sont derrière ? Jusqu’à quel point le progrès est-il bénéfique ? Comment trouver le bon équilibre avec des inventions qui nous rendent la vie plus agréable sans la vider pour autant de sa joie ? »
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