La Diagonale du Figaro N°61 : Steinitz-Tchigorine 1892, ou l’histoire d’une bourde dramatique

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LETTRE EXCLUSIVE ABONNÉS – La tension nerveuse peut amener les plus grands maîtres à commettre des fautes énormes comme dans le récent match Ding Liren- Gukesh. Il y a plus d’un siècle Mikhaïl Tchigorine, déjà, «oubliait» un mat en deux coups face à son éternel rival autrichien.

On a raconté à l’envi que la faute de Ding Liren commise face à Gukesh dans la 14e partie du récent championnat du monde aurait été la plus dramatique de l’histoire des échecs. Peut-être, mais c’était faire fi de celle perpétrée par Mikhaïl Tchigorine en 1892 à La Havane. Pour raviver nos mémoires, dans la 23e partie, dans une position gagnante, le génie de Saint-Pétersbourg joua un dramatique coup de fou, qui permit à Steinitz d’administrer un simple mat en deux coups. Caïssa avait choisi son camp. L’Autrichien conserva son titre et Tchigorine resterait comme Paul Keres puis Viktor Kortchnoï après lui, un éternel second.

Ce match de 1892 opposait deux génies aux caractères différents. Steinitz défendait ses principes positionnels, croyait aux défenses tenaces. Tchigorine, que l’on considéra comme le père des échecs russes, n’adhérait qu’aux vertus de l’initiative. Il aimait attaquer. La recherche de l’exception guidait ses choix. À Cuba, l’école scientifique croisait le fer avec l’école…

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