LETTRE EXCLUSIVE ABONNÉS – Le match de championnat du monde d’échecs de Singapour a couronné un prodige Indien qui pourrait, dans les années qui viennent, contester la suprématie du génie norvégien, Magnus Carlsen.
Quelques secondes après l’abandon de Ding Liren, ses yeux se sont embués de larmes. Pris d’émotion, Dommaraju Gukesh comprenait enfin qu’il devenait le XVIIIe champion du monde de l’histoire des échecs. Il se rendait compte aussi qu’il était le plus jeune de tous. À 18 ans, il battait le record de précocité de Garry Kasparov qui avait ceint la couronne de lauriers dans sa 22e année. Plus jeune que le divin Capablanca, plus jeune que Tal le magicien de l’échiquier quand ils devinrent roi des échecs. Plus jeune enfin que Vishy Anand, le Lucky Luke des 64 cases qui calcule plus vite que son ombre, son modèle et surtout le premier champion du monde né à Madras en Inde comme lui, qui attendra presque ses 40 ans pour être reconnu comme le maître incontesté de la planète échecs.
Avant de coiffer la couronne, Gukesh aura fait preuve d’un courage et d’une maturité folle pendant les 14 parties classiques de Singapour. Face à lui, Ding Liren s’est montré aussi résistant que déroutant…
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