GRAND RÉCIT – La fresque, située sur le plafond en forme de berceau, n’est pas seulement une œuvre d’art unique au monde, elle est aussi une fascinante histoire théologique.
« Habemus Papam ». Dans le poêle, les bulletins brûlent. Debout, devant leurs stalles, les cardinaux prient. Sur la voûte de la chapelle, Dieu le Père plane au-dessus des eaux. Enveloppé d’un manteau rose, il sépare le ciel et la terre. La nuit et le jour. Son doigt tout-puissant donne vie à la chair; derrière le créateur, Eve, fascinée, admire Adam qui s’éveille à la vie.
Elle est belle comme le premier matin; il est fort comme un dieu. Un serpent s’enroule autour de l’arbre. Nus, courbés, déjà retors, Adam et Eve quittent le jardin d’Eden. Le paradis n’est plus sur terre. La pluie tombe sans relâche pendant quarante jours, et tout est englouti. Quand revient le soleil, Noé s’enivre. Comment lui en vouloir? Déjà il s’assoupit, il cuve, on l’entendrait presque ronfler.
À lire aussi
Adam et Ève de Stephen Greenblatt, au origine, la chute
Soutenant la création de leurs larges épaules, prophètes et sibylles tournent la tête de fureur et d’inquiétude. Les barbes des prédicateurs sont prises dans le vent, leurs voix portent encore : ils annoncent la venue…
Source du contenu: www.lefigaro.fr
