CHRONIQUE – «Je m’autorisais des reparties brutales dont je ne sais si elles étaient liées à sa dépendance économique ou à son jeune âge.» À son tour, il raconte tout dans Mauvais élève.
Cela s’appelle être prise à son propre piège. Telle est la malédiction de la littérature intime : les récits se répondent parfois, comme Springora a répondu à Matzneff. Annie Ernaux a reçu le prix Nobel de littérature l’année de la publication du Jeune homme (2022), qui racontait sa liaison avec un étudiant de trente ans de moins. Elle avait cinquante-quatre ans, lui vingt-cinq, moins que le nombre de pages du livre (trente-sept). L’amour dura trois ans : 1994-1997.
Dans son discours de réception du Nobel, la romancière engagée déclarait vouloir « venger sa race » et « venger son sexe ». L’autofiction est un exercice risqué : Philippe Vilain, lui aussi, venge sa jeunesse. Nous lisons ce récit comme un numéro de Voici. La future Nobel et le gamin fauché voyagent en Italie, Espagne, Russie. Le lecteur regarde ce couple par le trou de la serrure mais est-ce de la littérature ? Ernaux ne cachait pas, dans Le Jeune Homme, sa jouissance de…
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