Frédéric Beigbeder : «Plus que le courage de Nicolas Demorand, il faut saluer son exemplarité»

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CHRONIQUE – Ainsi le congélateur de la matinale de France Inter était un être humain.

Cette vie est impossible. Se lever à 3 heures du matin tous les jours. Annoncer des catastrophes tous les matins. Essayer de rester de bonne humeur face à Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen. Parfois un chroniqueur débarque sans avoir dormi, les mains dans les poches, sans texte, et il faut garder son calme. Un jour, on perd son frère et l’on doit faire comme si la vie continuait.

La presse a salué le courage de Nicolas Demorand et il impose le respect. Son « outing » de bipolaire fera date, mais l’animateur de la première matinale de France n’est pas le premier à oser évoquer sa dépression. Il y a plus de vingt ans, un autre homme de radio avait transgressé ce tabou en exposant sa fragilité. Il dirigeait RTL et se nommait Philippe Labro. Dans Tomber sept fois, se relever huit (2003), il racontait son effondrement et son mal-être. Le point commun entre les deux était la sueur. Souffrir en cachette fait transpirer.

Il faut oser le dire : journaliste est un métier dangereux pour le…

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