CHRONIQUE – Le dernier livre du meilleur prosateur français alterne voyage érotique chez Homère et souvenirs de clochard céleste.
L’Iliade est le premier livre de la littérature européenne et le dernier fantasme de notre plus grand écrivain. Pierre Michon en a clairement assez des vies minuscules : le voici à 26 ans, baisant une inconnue italienne dans un train pour Lyon, puis en 1973, sans argent ni domicile, vivant d’amour et de pastis frais avec des vagabonds, en Sicile et en Grèce. Il imagine Homère chevauché la nuit par Hélène de Troie, la plus belle femmeque le monde ait jamais porté, et raconte ensuite comment il ramassait des mégots devant la Sorbonne, se castagnait avec des ivrognes, cassait des portes et des rétroviseurs dans sa jeunesse désargentée.
Le retour de Pierre Michon chez Gallimard est un événement historique : toute son œuvre de dentelle fine a été publiée chez Verdier, un petit éditeur raffiné, et voici qu’à 80 ans, l’auteur des Vies minuscules dépoussière la NRF avec une fougue de jeune rebelle, comme s’il refusait d’être enterré vivant sous les grands prix (celui de l’Académie, reçu…
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