La nouvelle adaptation en prises de vues réelles du premier classique de Disney a été diffusée en catimini à Los Angeles, en tenant les médias à distance en raison de diverses polémiques.
Cible de critiques, une version en prises de vues réelles de Blanche- Neige, le plus ancien des classiques de Disney, a été projetée samedi à Hollywood pour une avant-première inhabituellement discrète pour un film du célèbre studio d’animation. Aucune interview n’a été autorisée sur le tapis rouge, Disney souhaitant tenir ses stars Rachel Zegler et Gal Gadot à distance des journalistes et éviter les questions sur la représentation des Sept Nains dans le film, qui fait l’objet de débats vigoureux.
Les quelques invités, triés sur le volet, ont donné leur avis sur les réseaux sociaux. La majorité d’entre eux a fait des remarques élogieuses, alors que la presse a relayé les doutes que le nouveau long-métrage de Marc Webb suscitait. En examinant les différentes déclarations, on remarque qu’elles émanent principalement de blogueurs et d’influenceurs américains. Crooked Media, par exemple, fondé en 2017 par le cinéaste Jon Favreau, le comédien Jon Lovett et le porte-parole démocrate Tommy Vietor, tous anciens membres de l’équipe de Barack Obama, a décrit un remake « plutôt réussi ».
« Rachel Zegler est une star absolue, la plupart des nouvelles chansons sont entraînantes et magnifiquement interprétées, et la palette visuelle est somptueuse et vibrante. C’est un solide 3,5/5 », a écrit l’un des rédacteurs. L’actrice principale est une farouche opposante à Donald Trump. « Va te faire foutre, Trump ! Que les partisans de Trump… et Trump lui-même ne connaissent jamais la paix ! », lançait-elle sur les réseaux sociaux à l’annonce de la victoire du candidat républicain en novembre.
« La plus grande surprise de 2025 est que le film le plus controversé et détesté de l’année est en fait un bon film »
Hollywood Handle
Un rédacteur du magazine indépendant Film Hound, corrobore ces dithyrambes « Je regretterai peut-être d’avoir dit cela, mais Blanche-Neige est solide. J’ai vraiment apprécié les numéros musicaux, en particulier celui d’ouverture et le bop diabolique de la Reine. Zegler était génial dans le rôle principal, et Gadot était amusante». Une rédactrice du Disinsider, un média spécialiste des actualités de Disney, a confié sur ses réseaux sociaux que le film était « de la pure magie Disney ». Des éloges unanimes, donc, exprimés pour la plupart par d’heureux influenceurs invités par Disney.
Bande-annonce de Blanche-Neige (2025)
Quoi qu’il en soit, malgré le battage médiatique autour du film, certains journalistes ont trouvé des points d’entente avec ces « blogueurs/rédacteurs ». « La plus grande surprise de 2025 est que le film le plus controversé et détesté de l’année est en fait un bon film », a écrit un spécialiste culture du Hollywood Handle. « Rachel Zegler EST Blanche-Neige, et elle livre une performance magique. Les numéros musicaux sont inoubliables, les images (hormis les nains) sont enchanteresses, et le scénario d’Erin Cressida Wilson donne à ce monde une profondeur que je ne soupçonnais pas », s’est-il enthousiasmé. Le média en ligne We Love Physical Media s’est dit conquis alors qu’il s’était rendu à la projection perclus de préjugés. « Je pense que ce film va surprendre beaucoup de gens et faire du chiffre. Il est dans mon Top 5 des remakes Disney en live-action. Allez le voir ! », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
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Une actrice engagée, pas de prince charmant…
Les critiques ont commencé à pleuvoir sur le film en 2021 lorsque l’actrice Rachel Zegler, de mère colombienne et de père polonais, a été retenue pour incarner l’héroïne du conte de fées des frères Grimm. Un choix dénoncé par certains fans et commentateurs conservateurs, criant au « wokisme ». « Oui, je suis Blanche-Neige, non je ne me blanchirai pas la peau pour le rôle », avait répondu Rachel Zegler, réputée pour faire preuve d’un franc-parler inhabituel à Hollywood, dans un message sur les réseaux sociaux, désormais supprimé.
« Oui, je suis Blanche-Neige, non je ne me blanchirai pas la peau pour le rôle »
Rachel Zegler
Les critiques ont redoublé d’intensité lorsque l’actrice a semblé dénigrer à plusieurs reprises le classique de 1937 Blanche-Neige et les Sept Nains, premier long-métrage d’animation des studios Disney. Une version qu’elle a jugée « bizarre », en raison de l’amour de l’héroïne pour « un gars qui, littéralement, la harcèle ». Cette fois, Blanche-Neige « ne sera pas sauvée par le prince, et elle ne rêvera pas d’un amour véritable », a aussi assuré Rachel Zegler dans un entretien suscitant la déception des fans qui espéraient retrouver ces motifs traditionnels du conte dans la nouvelle version. Disney n’a pas donné suite aux sollicitations de l’AFP à ce sujet.
Les Sept Nains disparaissent du titre
Autre sujet de polémique : les Sept Nains n’apparaissent plus dans le titre, simplement baptisé Blanche-Neige. Dans le film, leur représentation a aussi ses détracteurs. Peter Dinklage, l’un des acteurs nains les plus célèbres d’Hollywood, déplorait en 2022 l’« hypocrisie » des studios hollywoodiens, qui ne cessent d’ouvrir la voie à la diversité dans leurs productions mais qui n’hésitent pas, à ses yeux, à perpétuer «la putain de représentation pourrie des nains». Une position qui a « heurté la communauté des acteurs atteint de nanisme » parce qu’elle suggérait de supprimer ces rôles alors qu’il n’y en a déjà, « pas beaucoup pour (eux) à Hollywood », avait déclaré dans le Guardian l’acteur et catcheur professionnel Dylan Mark Postl.
Disney
Disney a alors réagi dans un communiqué, promettant d’adopter « une approche différente » en évitant de « renforcer les stéréotypes du film d’animation original ». Dans la nouvelle version, les nains sont des créatures magiques ressemblant à des gnomes, créées par ordinateur plutôt que jouées par des acteurs humains, ce qui a également suscité des critiques.
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Disney espère désormais que l’adage selon lequel toute publicité est bonne à prendre se vérifiera la semaine prochaine lors de la sortie en salles du film, dont le tournage a coûté plus de 200 millions de dollars, selon Forbes, après avoir été notamment retardé par la pandémie de Covid-19 et les grèves à Hollywood.
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