États-Unis : un militant pour le climat, reconnu coupable « de complot » après l’attaque d’une sculpture d’Edgar Degas

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Timothy Martin, membre du groupe d’activistes pour le climat «Declare Emergency», avait aspergé de peinture le verre protégeant l’œuvre du maître français en 2023

« Nous ne tolérerons pas que quiconque défigure notre ville pour attirer l’attention sur sa cause », a déclaré le procureur américain Edward R. Martin, lors du jugement de Timothy Martin, reconnu coupable de dégradation lors d’une exposition à la National Gallery of Art de Washington. En avril 2023, ce dernier avait aspergé de peinture le verre protégeant La Petite Danseuse de quatorze ans d’Edgar Degas. Si aucun dommage n’a été constaté sur l’œuvre, l’exposition avait dû fermer ses portes pendant dix jours. Une enquête a alors été menée par l’antenne locale du FBI, en particulier par son unité spécialisée dans les infractions contre l’art.

Le jugement a été prononcé après un procès de quatre jours. L’accusé, membre du collectif environnemental Declare Emergency, connu pour ses attaques contre des œuvres culturelles, a également été reconnu coupable « de complot en vue de commettre une infraction contre les États-Unis », indique un communiqué du département de la justice du district de Columbia. Sa peine sera fixée le 22 août prochain.

Le 27 avril 2023, Timothy Martin et sa complice Johanna Smith, – condamnée pour ces faits à 60 jours de prison en avril 2024 -, avaient pénétré dans la National Gallery avec de bouteilles remplies de peinture. Une fois les visiteurs éloignés, ils avaient enduit la vitrine et le socle de la célèbre sculpture. L’opération, minutieusement préparée, avait été filmée par des membres du groupe et deux journalistes du Washington Post. Les dégâts ont été estimés à plus de 4 000 dollars.

Cette action s’inscrivait dans une série d’actions ciblant des œuvres d’art pour dénoncer l’inaction climatique, un modus operandi de plus en plus controversé. D’autant plus que le climat politique est marqué par une volonté renforcée de protéger l’espace public dans la capitale américaine. En mars 2025, le président Donald Trump a signé un décret exécutif visant à « rendre Washington sûre et belle à nouveau » (Make D.C. Safe and Beautiful Again), lançant une initiative fédérale mêlant lutte contre la criminalité et restauration urbaine.

La condamnation de Timothy Martin s’inscrit ainsi dans cette volonté politique. « Ce verdict envoie un message fort aux milliers de personnes qui viennent à Washington chaque année pour manifester et être entendues », a déclaré le procureur américain Edward R. Martin. « La liberté d’expression est un droit constitutionnel. Mais lorsque vous détruisez des biens, comme des œuvres d’art inestimables, vous franchissez une ligne que personne dans cette ville ne tolérera. »

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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