Décès du pianiste Martial Solal, grand nom du jazz, à 97 ans

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On lui doit de nombreuses bandes originales de films, notamment celle du manifeste de la Nouvelle Vague, A bout de souffle du cinéaste Jean-Luc Godard, et il a enregistré plus d’une centaine de disques, en solo, duo, trio ou encore en big band.

L’immense pianiste français Martial Solal est mort, a annoncé sa famille jeudi 12 décembre dans la soirée. Le musicien était âgé de 97 ans. Sa composition la plus connue du grand public est la bande originale de l’acte de naissance de la nouvelle vague : À bout de souffle, de Jean-Luc Godard. « C’est Jean-Pierre Melville qui lui avait parlé de moi », expliquait-il en 2021 à nos confrères de Jazz Magazine. Mais ce monument du piano jazzn’avait pas attendu ce moment pour briller. 

Né en 1927 à Alger, où il passa son enfance, il apprend le piano classique avant de découvrir l’improvisation grâce à un pianiste ami de sa tante, qui lui transmet l’amour du jazz. Il devient musicien professionnel en 1945 et s’installe à Paris cinq ans plus tard. Là, il s’illustre au Club Saint-Germain, dont il devient un pilier pendant dix ans, en alternance avec le Blue Note. Il y accompagne souvent des musiciens américains de passage, qui lui permettent de progresser rapidement. 

Sa première séance de studio, en 1953, est avec Django Reinhardt. Il grave aussi quelques disques avec Sidney Bechet. Pour mettre du beurre dans les épinards, il enregistre des disques d’easy-listening sous le pseudonyme de Jo Jaguar dès 1956. Puis il accompagne des chanteurs comme Line Renaud ou Dick Rivers. On lui doit d’ailleurs la composition du standard yé-yé Twist à Saint-Tropez, des Chats sauvages. Après avoir commencé avec le film Deux hommes dans Manhattan, de Jean-Pierre Melville, il s’illustre en composant pour plusieurs films, notamment Le Testament d’Orphée, de Cocteau, et Léon Morin, prêtre. Son style s’affirme puissamment et lui vaut d’être invité régulièrement aux États-Unis ; il est le premier Français à se produire en leader au festival de Newport. 

Mais sa situation familiale l’oblige à retrouver Paris où il poursuit une belle carrière, s’illustrant en trio dans les années 1960 et en solo la décennie suivante. Par la suite, il développe une fructueuse collaboration avec le saxophoniste Lee Konitz, dont il dit alors : « Il a un don mélodique extraordinaire. Moi, de mon côté, je le soutiens par une espèce de background fait d’excitation, de stimulation, qui peut le faire sortir justement de ses gonds. » 

Très ouvert, il forme un big band et anime plusieurs émissions à la radio, sur l’antenne de France Musique. Il s’aventure aussi avec succès dans la musique contemporaine, confirmant qu’il est un homme qui ne rejette aucune esthétique musicale. Il fait ses adieux à la scène après un concert solo à la salle Gaveau en 2019 et publie ses Mémoires, Mon siècle de jazz, en 2024.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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