Le cinéaste a remercié « cette France accueillante, humaniste, qui refuse toutes les dictatures et toutes les haines, cette France résistante, solidaire de tous et de tous les cinémas du monde ».
« Costa-Gavras ? Une arme de réflexion massive », a proclamé Karine Viard. L’Académie a rendu hommage au cinéaste Costa-Gavras en lui décernant un César d’honneur pour l’ensemble de son œuvre. Cinéaste engagé, maître du thriller politique, il a marqué le cinéma avec des œuvres comme Z, Missing, L’Aveu ou encore Eden à l’Ouest.
«C’est un homme qui n’a jamais eu peur de défier les puissants. Quand vous travaillez avec lui, c’est un ami qui vous accueille à sa table», a souligné Karine Viard avant de lui remettre le prix. «Ses héros à lui sont des hommes ordinaires broyés par l’injustice. Aujourd’hui, dans un monde à la pensée de plus en plus binaire et manichéenne, il nous rappelle plus que jamais la nécessité de la nuance et de la complexité», a-t-elle ajouté.
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«La France peut-elle accepter de tels actes ?»
Après avoir retracé ses débuts dans le 7e art sur la scène de l’Olympia, le réalisateur de 92 ans a remercié «cette France accueillante, humaniste, qui refuse toutes les dictatures et toutes les haines, cette France résistante, solidaire de tous et de tous les cinémas du monde et qui reçoit chez nous tous les films du monde». Il a terminé son discours en rappelant qu’une agression avait eu lieu le 16 février dans les locaux d’une association de travailleurs immigrés du Xᵉ arrondissement de Paris où une projection du film Z était organisée par des associations de jeunesse de gauche. «La France peut-elle accepter de tels actes ?», a-t-il demandé.
De l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère en 1970 pour son chef-d’œuvre, Z, à la palme d’or en 1982 et l’Oscar du Meilleur scénario adapté pour Missing, en passant par l’Ours d’or en 1990 pour Music Box, ou encore le César du Meilleur scénario original ou Adaptation en 2003 pour Amen, Costa-Gavras a été le récipiendaire des plus hautes distinctions internationales.
Son œuvre a été particulièrement remarquée en raison de son engagement sans faille. En 1969, par exemple, il accusait le régime des colonels grecs. En 1972, il pointait du doigt les méfaits de la CIA en Amérique du Sud. Et, en 1975, il se penchait sur les tribunaux créés spécifiquement par Pétain.
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