RÉCIT – Contrairement aux idées reçues, les racines du crime organisé ne sont ni américaines, ni populaires mais siciliennes et une émanation de la haute bourgeoisie.
« Prohibition is business », disait Al Capone. On a pris l’habitude d’associer la mafia avec les grands trafiquants et contrebandiers d’alcool de Chicago ou de New York, d’Al Capone à Lucky Luciano. Et, de fait, une partie de ces boss ont créé des organisations criminelles qui ont connu un grand essor à cette époque charnière, comme le démontre fort bien Annick Foucrier dans son intéressant essai historique sur la Prohibition. Mais ce serait une erreur de limiter le phénomène mafieux à ces criminels de la « seconde génération » mafieuse qui ont formé, en Amérique, les cadres d’un gangstérisme plus populaire, plus « américain », que la mafia des origines. Car les racines de la véritable mafia ne sont ni américaines, ni populaires. Contrairement aux bandits et autres brigands de bas étage – le fameux « underworld » criminel -, les mafias, elles, émanent des hautes classes de la société du Mezzogiorno italien, la fameuse « bourgeoisie mafieuse », une classe prédatrice…
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