De nombreuses espèces animales, après s’être reproduites au printemps, utilisent des tactiques parfois étonnantes pour éloigner ou tromper les prédateurs attirés par des proies sans défense.
Pour naître heureux, vivons cachés. Pour espérer perpétuer son espèce, à l’abri des prédateurs, rien ne vaut le camouflage, la première des défenses. Une expérience menée sur des diamants mandarins – des oiseaux – en captivité l’a montré : parmi toutes les bandelettes de papier de différentes couleurs mises à leur disposition, les oiseaux choisissent celles de la même couleur que leur cage ; le nid se confond avec le paysage.
Les animaux sont rusés. La chevêche des terriers, une chouette qui niche au sol, imite le son strident du serpent à sonnette pour éloigner de son nid les prédateurs. La ruse encore, chez des oiseaux limicoles, qui vivent en bord de mer : la ruse de l’aile brisée. L’adulte feint d’avoir une aile blessée, s’éloigne du nid en boitant de l’aile, pour attirer le prédateur vers une proie plus facile. Avant de s’envoler dès que le danger pour ses petits semble écarté.
Vomi et coups de bec
Quand un prédateur s’attaque à nid, il peut s’exposer à une réplique parfois féroce, ou dégoûtante. Le fulmar, un oiseau marin, projette jusqu’à un mètre son vomi, des poissons en partie digérés, une gerbe visqueuse et odorante, si on s’approche trop près de son petit.
Il arrive aussi que des corneilles attaquent des humains qui se trouvent là, sans savoir, sous l’arbre où elles ont niché. De la même manière, on déconseille de s’approcher de la tanière d’une ourse, ou d’un sanglier avec ses petits.
Chaleur mortelle
Moins impressionnant pour l’espèce humaine : les moineaux. Pour défendre leur territoire, leur zone de nidification, ils sont capables d’attaquer plus de 70 espèces. Les mâles attaquent les mâles, et les femelles les femelles : c’est la guerre en non-mixité.
Pour protéger leur descendance, les loups sont prévoyants : ils préparent plusieurs terriers avant les naissances. Des solutions de repli si l’on est découvert.
Et puis, souvent, l’union fait la force, par exemple chez les abeilles. Quand un intrus, un frelon, pénètre dans la ruche, elles s’agglutinent autour de lui. Leur nombre et leurs vibrations produisent une telle chaleur que le prédateur finit par mourir, cuit à point. C’est chaud de s’attaquer aux abeilles.
La question de la semaine
«Seules les abeilles pollinisent les fleurs?»
C’est vrai que les abeilles paraissent imbattables à ce jeu, capables de polliniser 250 fleurs à l’heure. Mais elles ne sont pas les seules, loin de là. On commence par exemple à mieux comprendre le rôle des moustiques – qui ne donnent pas que le paludisme. Un chercheur américain a compté plus de 70 espèces de moustiques pollinisateurs. Y compris des espèces invasives, qui s’adaptent à des fleurs qu’elles ne connaissaient pas. Il y a aussi les papillons de nuit, qui seraient plus efficaces que les abeilles grâce à leur corps velu qui accroche davantage le pollen. Certaines fleurs ne s’y sont pas trompées : elles n’émettent leur parfum que la nuit.
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