En France, ce vendredi 22 mai 2026, se tient la finale retour des playoffs de Ligue 2 en basket féminin. Même si son équipe ne s’est pas qualifiée pour cette dernière étape, la basketteuse Julie Tetart a fortement impressionné lors des derniers matches du Monaco Basket Association. Cette joueuse transgenre évolue sur le terrain monégasque depuis deux ans. Mais malgré ses performances physiques remarquées, cette réussite suscite une vague d’hostilité en ligne, marquée par des attaques transphobes. Julie Tetart revient sur son parcours sportif et les défis liés à sa transition de genre.
De notre correspondante,
« J’ai 33 ans, je suis basketteuse professionnelle au MBA, et je suis une joueuse transgenre », annonce Julie Tetart. Le MBA, c’est le Monaco Basket Association, un club qui évolue en Ligue 2 féminine.
« Là, on se rend dans la cave de mon immeuble. C’est là où je viens m’entrainer régulièrement, poursuit-elle en présentant sa cave bien équipée. Un rack à squat, des haltères, une poulie… Il y a ce qu’il faut pour travailler le corps. Je viens tous les jours, six jours sur sept. » Sans compter les entraînements quotidiens avec son équipe monégasque, rejointe il y a deux ans. « Quand je suis arrivée l’année dernière à Monaco, je suis arrivée clairement de nulle part. Pour moi, le basket, c’était fini », explique-t-elle.
Car en 2020, Julie Tetart abandonne tout espoir d’être joueuse professionnelle lorsqu’elle fait son coming out et entame sa transition. Mais cette mordue de basket finit par y revenir, poussée par l’élan sportif national des Jeux olympiques de 2024. Elle est recrutée par Monaco dans la foulée. Et doit s’adapter aux spécificités de sa transition. « Les entraînements sont les mêmes, qu’on soit trans ou pas. Par rapport à avant transition, mes capacités physiques ne sont plus du tout les mêmes. Ma capacité respiratoire est la plus impactée. Ça s’entend à ma voix d’ailleurs », relève-t-elle.
« Il y a un peu plus d’inclusion »
Et puis, il faut aussi s’adapter, car son travail de joueuse professionnelle lui confère un statut de personnalité publique dont la transidentité déclenche un certain nombre de critiques. « Ça fait deux ans qu’il y a une préparation physique mais aussi une préparation mentale. On fait un travail énorme dessus, pour justement se servir de ça comme d’une force pour performer. C’est aussi pour ça que j’ai beaucoup performé cette saison. »
Meilleure marqueuse de la saison en Ligue 2, Julie Tetart déplore encore une certaine transphobie persistante dans le sport. « On avance. D’un côté, il y a un peu plus d’inclusion. On le voit dans le basket, le rugby, la boxe. Mais c’est encore petit. On est tout au début. »
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En dehors des terrains, la joueuse s’exprime souvent sur le sujet sur son compte Instagram. « J’ai beaucoup de messages de femmes trans qui me disent merci de faire ce que je fais. Parce que grâce à ça, elles se sentent légitimes de pouvoir vivre. J’ai plusieurs personnes qui m’ont dit : “Je suis allée dans une salle de sport.” C’est pas grand-chose, mais jusqu’ici, elles s’interdisaient de le faire par peur de se montrer, etc. Il faut le temps que la société comprenne et accepte qu’on est là. Ce que je souhaite, c’est vivre comme toute personne. Aujourd’hui, j’ai cette étiquette de joueuse transgenre. J’aimerais que dans cinq ans ça soit simplement “Julie, joueuse de basket”. »
Julie, la joueuse de basket, que vous pourrez continuer de voir évoluer à Monaco pour la saison 2026-2027.
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