Questions d'environnement – Pourquoi le Vanuatu, l'un des pays les plus menacés par la crise climatique, risque de disparaître?

Date:

Les Nations unies se prononcent sur un projet de résolution porté par le Vanuatu sur la responsabilité climatique des États. L’archipel du Pacifique risque d’être englouti par la montée des océans, deux à trois fois plus importante que dans le reste du monde.

Il pourrait bien disparaître, effacé de l’humanité, alors il réagit. Un an après une décision historique de la Cour internationale de Justice, le Vanuatu poursuit le combat pour sa survie en présentant aujourd’hui à l’Assemblée générale des Nations unies un projet de résolution, soumis au vote, sur l’obligation des États à respecter leurs engagements climatiques.

80 îles menacées

Le Vanuatu est l’un des pays les plus menacés par le réchauffement climatique ; ce sont plus de 80 îles de l’archipel qui risquent un jour d’être totalement englouties, peut-être dès la fin du siècle, si la trajectoire climatique n’est pas inversée à temps. La hausse du niveau des océans, dans cette région du Pacifique ouest, est en effet deux à trois fois plus importante que la moyenne mondiale.

Des villages déjà déplacés

« Pour le Vanuatu, cela veut dire, depuis le début des enregistrements satellitaires, entre 5 et 11 millimètres par an, soit 10 centimètres en une dizaine d’années, détaille Marine Hermann, océanographe au Legos, le laboratoire océanographique de Toulouse. Pour un archipel où 80 îles culminent à quelques mètres de haut, l’impact est déjà visible : des villages ont déjà été évacués. » Des villages déplacés, une érosion des plages, et de l’eau de mer, de l’eau salée, qui pénètre dans les cultures : l’avenir du Vanuatu n’est pas très brillant.

Le niveau monte

L’océan monte plus vite dans la région du Vanuatu d’abord en raison de la dilatation de l’eau : où il fait chaud, l’eau se dilate davantage, prend plus de volume et le niveau monte. Pas plus que la Terre n’est plate, l’océan n’est pas plat et n’est pas au même niveau partout. Deux phénomènes sont à l’œuvre. « Un océan froid et salé va être moins élevé qu’un océan chaud et peu salé, explique Marine Hermann, également conseillère scientifique pour le littoral et l’océan à l’IRD, l’Institut de recherche pour le développement. Ensuite, il y a aussi les courants qui vont avoir un effet sur l’élévation du niveau de la mer. Par exemple, quand vous avez un fort El Niño, les courants vont changer. Le transfert d’eau entre l’océan Pacifique et l’océan Indien, qui passe par les détroits indonésiens, est normalement ralenti mais dans ce cas plus d’eau va s’accumuler dans le Pacifique. » Avec El Niño, il pleut aussi davantage dans la région, ce qui fait aussi monter le niveau de l’océan.

Le Vanuatu s’enfonce

Comme si cela ne suffisait pas, le Vanuatu se trouve aussi près de la ceinture de feu du Pacifique, ce qui veut dire des séismes, sur une zone tectonique très active, et un lent affaissement du sol. Et même si ce sont quelques millimètres par an, à la fin on compte en centimètres… 

Cyclones virulents

Enfin il y a les cyclones, de plus en plus virulents avec le changement climatique. Leur impact est encore plus fort sur des territoires déjà vulnérables. « Un cyclone qui arrive au Vanuatu va conduire à une élévation temporaire du niveau de la mer, en raison d’une très faible pression atmosphérique, des vents et d’une submersion côtière, souligne Marine Hermann, de l’IRD. Si vous êtes dans une situation où le niveau de la mer a déjà augmenté de 20 centimètres, l’effet du cyclone va être encore pire. »

Rayés de la carte

Le pire est à venir : si on ne réagit pas davantage, le pire pour toutes ces îles, tous ces États insulaires du Pacifique et de l’océan Indien (comme les Maldives), des paysages, des cultures et des habitants qui seront un jour rayés de la carte. Et cette fois l’expression ne sera pas galvaudée.

Source du contenu: www.rfi.fr

Share post:

Populaire

More like this
Related