Laboratoires biologiques : enquête sur 120 sites financés par Washington

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La directrice du renseignement national américain relance le débat sur les recherches à risque menées hors du territoire américain, accusant l’administration Biden d’avoir dissimulé l’ampleur de l’implication des États-Unis.

Recherche de gains de fonction des virus. Image d’illustration.(UnlimPhoto)

La directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, a annoncé le lancement d’une enquête de grande ampleur portant sur plus de 120 laboratoires de biologie opérant dans une trentaine de pays et bénéficiant de financements publics américains. Parmi ces sites, plus de quarante se trouvent en Ukraine. L’initiative, conduite sous l’égide du Bureau du directeur du renseignement national (ODNI), s’inscrit dans la politique menée par l’administration Trump pour remettre à plat les pratiques de recherche sur les gains de fonction liées aux agents pathogènes dangereux.

Des accusations graves contre l’administration précédente

Dans sa déclaration officielle, Gabbard a vivement mis en cause des responsables de l’administration Biden ainsi que d’anciens hauts fonctionnaires de la santé, dont le Dr Anthony Fauci. Elle leur reproche d’avoir sciemment minimisé, voire dissimulé, l’étendue réelle de l’implication américaine dans des recherches menées à l’étranger sur des agents pathogènes à fort potentiel de danger.
« La pandémie de COVID-19 a révélé l’impact mondial catastrophique que peuvent avoir les recherches sur des agents pathogènes dangereux menées dans des laboratoires de biologie » explique Tulsi Gabbard, directrice du renseignement national.
Conformément à la nouvelle directive, les services de renseignement sont chargés d’examiner l’intégralité des laboratoires concernés : quels agents pathogènes y sont étudiés, quelles expériences y sont conduites, et si ces travaux représentent une menace pour la sécurité publique ou nationale.

L’Ukraine au cœur des tensions

L’enquête ravive également la controverse autour des laboratoires biologiques ukrainiens. Lors de l’invasion russe de 2022, l’administration Biden avait démenti l’existence de toute installation américaine en Ukraine avant que Victoria Nuland, haut responsable du département d’État, n’admette en audition l’existence de sites de recherche biologique, dont les autorités craignaient que le contenu ne tombe entre les mains russes.
Selon les autorités américaines, une partie de ces laboratoires avait initialement été financée dans le cadre du programme de réduction coopérative des menaces du Pentagone, mis en place après la Guerre froide pour prévenir la prolifération des armes de destruction massive.

Un bilan financier opaque

L’organisme de surveillance du Pentagone avait précédemment établi que plus de 1,4 milliard de dollars avaient été engagés à l’étranger dans des recherches de type gain de fonction entre 2014 et 2023. Il avait toutefois reconnu son incapacité à rendre pleinement compte de toutes les expériences menées sur des agents pathogènes pandémiques potentiellement améliorés.
Les Instituts nationaux de la santé (NIH) avaient de leur côté conclu que des recherches menées à l’Institut de virologie de Wuhan entre 2014 et 2021 avaient enfreint les conditions des subventions accordées, en augmentant jusqu’à 10 000 fois l’infectiosité de coronavirus de chauves-souris, tout en niant formellement tout lien direct avec l’origine de la pandémie.

La réaction du Pentagone

« L’administration précédente a financé des recherches dangereuses sur le gain de fonction et des laboratoires de biologie étrangers avec l’argent des contribuables américains, puis l’a délibérément caché au peuple américain. L’ère des mensonges et des trahisons est révolue », ajoute Pete Hegseth, secrétaire à la Défense.
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a apporté son soutien sans réserve à la démarche, s’alignant sur la rhétorique de rupture portée par l’administration Trump depuis le début de son mandat. Donald Trump avait par ailleurs déjà signé un décret interdisant tout financement fédéral de la recherche sur le gain de fonction dans des pays jugés insuffisamment contrôlés, comme la Chine ou l’Iran.

Sources : ODNI (Office of the Director of National Intelligence), Pentagone, transcriptions d’auditions au Congrès.

Source du contenu: infodujour.fr

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