À un an de l’élection présidentielle, le député européen Place publique Raphaël Glucksmann accélère dans sa pré-campagne. Il n’est pas encore candidat « officiellement », mais il multiplie les initiatives qui laissent penser qu’il se prépare.
Entre la sortie d’un livre, un meeting le 13 juin et un discours pour la fête nationale le 14 juillet. Il se démultiplie. Raphël Glucksmann commence à accélérer mais sans pour autant sortir du bois réellement. Les prétendants se multiplient à gauche mais l’eurodéputé est le seul à lancer une dynamique de cette ampleur.
Depuis un an, il sillonne la France, sans la presse, à la rencontre de citoyens. Des tête-à-têtes notamment avec des agriculteurs d’Ardèche, un directeur de collège des Deux-Sèvres ou encore un industriel de Lorraine. Des « vrais gens » dont il compte se nourrir pour son programme éventuel. L’objectif du potentiel candidat, c’est de monter en puissance à partir de la fin du mois de mai et de ce meeting au mois de juin qui devrait être une démonstration de force.
Le but de ce rassemblement va être de montrer que l’homme de gauche est entouré et suivi. Son équipe explique que des milliers de personnes devraient faire le déplacement. Notamment des soutiens issus de la société civile. Écrivains, sportifs, syndicalistes, politiques. On annonce déjà la présidente PS de la région Occitanie, Carole Delga, parmi d’autres.
L’ancien député macroniste Sacha Houlié, qui a rejoint les rangs du mouvement de Raphaël Glusmann, explique « que le meeting montrera que Raphaël est beaucoup plus soutenu qu’on ne le pense ».
Alors que la gauche est extrêmement divisée, peut-il rassembler ?
La stratégie de Glucksmann repose sur un pari risqué : couper définitivement les ponts avec La France insoumise. Le problème ? À gauche, tout le monde n’est pas en accord avec cette rupture.
Au-delà de la méthode, certains sont critiques sur les chances de l’homme politique. Un cadre du PS ne le croit pas capable de pouvoir rassembler. Il explique : « Il n’a pas le feu sacré. Les 11 % qu’il fait dans les sondages, c’est pas un socle, c’est une bulle ».
Et il y a quelques jours, une note stratégique confidentielle de l’équipe de l’eurodéputé a fuité. Le document identifiait certaines catégories d’électeurs, jeunes, classes populaires, banlieues, comme difficiles à mobiliser. Les Insoumis ont immédiatement exploité la note et y ont vu la confirmation d’un désaccord idéologique profond, accusant Glucksmann de vouloir « incarner le renouveau macroniste ».
Ses détracteurs lui reprochent d’ailleurs de glisser vers le centre et d’imiter la stratégie de Macron en 2017. De son côté, Glucksmann dit construire un rassemblement avec Boris Vallaud, Carole Delga, Yannick Jadot et Nicolas Mayer-Rossignol, avec l’objectif de s’accorder sur le fond avant de désigner un candidat commun. En attendant, il peaufine sa stature de présidentiable.
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