En France, on peut être le premier parti du pays, en pleine préparation d’une campagne présidentielle et ne pas avoir de prêts à la banque. C’est ce qui arrive, une fois encore au Rassemblement national à un an du scrutin suprême.
Le député Kevin Pfeffer, le monsieur Finances internes au RN a dû l’avouer. Aucune banque française n’accepte de prêter au Rassemblement national les quelque 11 millions d’euros dont il a besoin pour financer sa campagne.
Une réputation sulfureuse tenace
Si la loi autorise à emprunter, et le parti à la flamme le sait, dans une autre banque européenne – et ce sera d’ailleurs vraisemblablement le cas, comme les autres années selon un conseiller économique et même si cette fois, l’établissement ne devrait pas être lié à la Russie — cela rappelle combien la réputation sulfureuse du parti reste tenace en France.
Car c’est bien cela qui pèche. On voit mal pourquoi un établissement bancaire anticiperait pour le premier parti de France un score inférieur à 5% des voix synonyme de non remboursement des frais de campagne, ou bien une non certification des comptes d’un parti, contraint en raison d’affaires particulièrement fâcheuses de faire preuve d’une grande vigilance.
Non, personne à ce jour semble t il, n’ose risquer de devenir le sponsor officiel du RN. Et cela agace passablement un conseiller économique du parti, très content de la récente séance de rapprochement avec le MEDEF.
Un parti en ordre de marche pour la présidentielle
Il se console avec une nouveauté pour le Rassemblement national : l’obtention beaucoup plus facile cette fois des fameux 500 parrainages, grâce en partie aux bons résultats aux municipales.
Qu’importe cette difficulté financière, le Rassemblement national se met en ordre de marche. Il vient ainsi de signer un bail pour un QG de campagne dans le très huppé 16ème arrondissement de Paris.
Des salles sont d’ores et déjà réservées pour des meetings. Des voyages dans les Outre-Mer ou à l’étranger, tantôt pour Jordan Bardella, tantôt pour Marine Le Pen sont déjà organisés.
Et cela avant le 7 juillet, date du jugement d’appel dans le procès des assistants RN qui dira si oui ou non Marine Le Pen pourra se présenter ..
Côté programme, ça n’est pas bouclé
Le RN ne fait pas figure d’exception en la matière mais les équipes l’assurent : des livrets, bientôt remis à Marine Le Pen et Jordan Bardella, sont en cours d’élaboration. Pas encore de mesures claires mais des indices mis dans l’atmosphère par des cadres. À priori, l’interdiction d’accès à certains postes aux bi-nationaux, si polémique aux dernières législatives, serait abandonnée.
Un référendum sur l’immigration couplé au premier tour des prochaines législatives, serait en réflexion. Quand à l’épineuse question des retraites, on commence déjà à invoquer une situation financière très changeante à l’aune des crises.
Objectif, arbitrer pendant l’été avant déclare un conseiller « d’y aller pleine balle à la rentrée ».
Deux grandes inconnues à connaître encore d’ici-là, le nom et la provenance de la fameuse banque prêteuse et évidemment l’identité du candidat(e) RN.
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