L'Atelier politique – Julien Odoul: «Ce ne sont pas les mollahs qui fixent le taux de TVA sur les carburants»

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Député Rassemblement national de la troisième circonscription de l’Yonne et membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, Julien Odoul est l’invité de l’Atelier Politique. À moins d’un an de la présidentielle, il répond aux questions de Frédéric Rivière.

Mélenchon, locomotive indésirable

Jean-Luc Mélenchon vient de confirmer sa candidature à l’élection présidentielle. Pour Julien Odoul, c’est une menace :

« Je vois en lui surtout une idéologie, un modèle de société extrêmement dangereux pour notre pays ». Il reconnaît cependant que le leader de la France insoumise dispose de qualités rares à gauche : savoir tenir une campagne, réveiller un électorat, avancer des idées.

« Mélenchon, malheureusement, sera toujours la locomotive de la gauche et de l’extrême gauche », constate Julien Odoul. Il interprète la candidature hâtive du leader de LFI comme une manœuvre pour couper l’herbe sous le pied au « courant racialiste » de son propre parti, incarné selon lui notamment autour de figures comme Bally Bagayoko ou Rima Hassan.

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Marine Le Pen ou Jordan Bardella : deux candidats, un seul choix

Sur la question de la candidature à la présidentielle au sein du Rassemblement national, Julien Odoul refuse de trancher :

« On a la chance d’avoir deux candidats très préparés. » Il reconnaît que Marine Le Pen bénéficie de l’expérience accumulée lors de trois campagnes présidentielles. Mais il défend Jordan Bardella avec conviction, mettant en avant son parcours : responsable départemental très jeune, président des jeunes, tête de liste aux Européennes, désormais président du Rassemblement national.

« Il a surtout une qualité que n’ont pas les autres : l’amour du peuple français », affirme Julien Odoul.

Politique étrangère : la fin de la naïveté

Julien Odoul imagine sans hésitation Jordan Bardella faire face à Donald Trump ou Vladimir Poutine. Il écarte le scénario d’une France qui s’écraserait.

« Il défendra bec et ongles les intérêts de la France, les intérêts stratégiques, les intérêts économiques, les intérêts commerciaux. » Il décrit la France actuelle comme « l’idiot du village mondial, celle qui reçoit les gifles et qui dit merci ». La rupture revendiquée est présentée comme un retour à la tradition gaullienne, selon lui enterrée par les présidents successifs et, plus particulièrement, par Emmanuel Macron.

« À aucun moment, il n’y aura ni d’influence ni de soumission envers qui que ce soit », tranche Julien Odoul.

Pouvoir d’achat : la TVA comme arme électorale

Sur le terrain économique, Julien Odoul place le pouvoir d’achat au cœur de la prochaine campagne. Il cible directement la politique fiscale du gouvernement français sur les carburants.

« Ce ne sont pas les mollahs qui fixent le taux de TVA, c’est le gouvernement français. » Il cite en exemple l’Espagne, où une TVA à 10% sur l’essence maintient le prix autour de 1,50 € le litre. La proposition du Rassemblement national est précise : ramener la TVA de 20% à 5,5% sur toutes les énergies — carburants, fioul, électricité, gaz.

« Ce qui rend en moyenne 150 à 200 € de pouvoir d’achat par mois à chaque ménage », avance Julien Odoul. Il réfute l’argument selon lequel cette mesure profiterait aussi à ceux qui n’en ont pas besoin : selon lui, les premiers concernés sont les travailleurs — infirmières libérales, agriculteurs, routiers — qui dépendent de leur véhicule chaque jour.

Solidarité nationale : remettre l’église au centre du village

Interrogé sur le terme « assistanat » utilisé par Marine Le Pen le 1ᵉʳ mai, Julien Odoul cadre la position du parti autour d’un principe : la priorité nationale dans l’attribution des aides sociales.

« On a toujours considéré que celui qui travaille devait toucher plus que celui qui ne travaille pas. » Il évoque la fraude sociale, évaluée selon lui à 50 milliards d’euros par an par des rapports parlementaires, et dénonce un logement social qui profiterait en majorité à des ressortissants étrangers.

« Il faut remettre l’église au centre du village et que ce produit, qui est le fruit des contributions des travailleurs français, revienne en priorité aux Français », déclare Julien Odoul.

Islam et islamophobie 

Julien Odoul avait déclaré sur France Info : « l’islamophobie est légale dans notre pays ». Interrogé sur le sens de ces propos, il maintient une distinction entre critique de la religion et stigmatisation des croyants.

« On a le droit, depuis la Révolution française, de critiquer les religions qui sont des opinions religieuses. On n’a pas le droit de stigmatiser les croyants. C’est ça la différence ».

Selon Julien Odoul, le concept d’islamophobie aurait été « instrumentalisé par les Frères musulmans » pour bloquer toute critique de la religion islamique et mettre une cible dans le dos de ceux qui s’y risquent. Il cite Charlie Hebdo et Samuel Paty. Il accuse LFI et l’extrême gauche de « dérouler le tapis rouge aux Frères musulmans » en faisant usage de cette notion, afin de taire toute critique des « marqueurs de l’islamisme ».

Après une victoire du RN : le scénario du chaos écarté

Interrogé sur les risques de tensions ou d’émeutes qui pourraient survenir après une éventuelle victoire du Rassemblement national. Il balaie la question.

« Les émeutes ont déjà eu lieu. En 2023, elles n’ont pas attendu l’arrivée du Rassemblement national au pouvoir ». Il décrit le scénario catastrophiste comme « fantasmé par certains, agité par d’autres » pour dissuader les électeurs. Et il retourne l’argument :

« Ça fait maintenant neuf ans que nous vivons le chaos avec le macronisme », assure Julien Odoul. Il égrène des chiffres : mille coups et blessures par jour, cent vingt attaques au couteau par jour, une recrudescence des viols, un trafic de drogue banalisé. Des données qu’il présente comme caractéristiques de la période actuelle.

« Un scandale démocratique » : le dossier du financement

Le Rassemblement national peine à obtenir des emprunts auprès des banques françaises pour financer la campagne présidentielle, une situation qu’il juge inacceptable.

« C’est un scandale démocratique. Un parti qui est donné en tête de l’élection présidentielle, qui a rassemblé 13 millions de voix en 2022, qui est le premier groupe à l’Assemblée nationale, qui ne pourrait pas se voir financer sa campagne ? C’est totalement hallucinant ».

Julien Odoul réclame la création d’une « banque de la démocratie », promesse d’Emmanuel Macron en 2017 selon lui jamais honorée, qui permettrait à tous les candidats d’accéder à des fonds à égalité. Il assure que le financement de la campagne sera trouvé d’une manière ou d’une autre, mais maintient que la difficulté révèle « un sérieux problème démocratique ».

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Source du contenu: www.rfi.fr

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