Le compte à rebours du secteur du diamant a commencé au Canada. Le pays est dans le top 5 des producteurs mondiaux, mais plusieurs de ses mines sont en train de livrer leurs derniers carats. Celle de Diavik, dans le nord du pays, a ainsi cessé toute activité.
La mine de diamants de Diavik vient de cesser ses activités après avoir produit, en un peu plus de 20 ans, 150 millions de carats, comme le rapporte le Financial Times, soit des milliards de dollars de revenus. Dans ce qu’on appelle les Territoires du Nord-Ouest, où sont extraits l’essentiel des diamants, deux mines sont encore en activité et devraient fermer en 2029 et en 2031. Cela fait plus de dix ans que le Canada fait partie des principaux producteurs mondiaux, avec la Russie et le Botswana.
Dans le pays comme ailleurs, l’économie minière a cependant été affectée par l’effondrement des prix mondiaux des pierres précieuses. « Il y a encore du potentiel, mais au prix actuel du diamant, je ne vois pas d’investisseurs risquer les sommes nécessaires », confie un industriel du secteur.
Des prix peu incitatifs
Les trois mines des Territoires du Nord-Ouest du Canada n’ont guère de raison d’espérer de nouveaux investissements. Pour ne citer qu’un exemple, les projets d’expansion de la mine de Gahcho Kué, exploitée à 51% par De Beers, ont été suspendus en raison des « conditions de marché ». C’est l’argument avancé par le géant minier, qui est en pourparlers pour licencier 5% de ses effectifs du site, selon le quotidien britannique.
Le diamant fait partie des produits non essentiels qui ont souffert du ralentissement de l’économie mondiale ces dernières années, et de l’inflation. L’essor du diamant synthétique a participé au bouleversement du secteur. Leur popularité n’a cessé de croître sur le marché des États-Unis, le premier pays consommateur.
L’impact du diamant synthétique
Ce raz de marée du synthétique a fait baisser les prix, y compris ceux des pierres naturelles. Selon l’analyste Paul Zimnisky, cité par le Financial Times, la production naturelle atteindra bientôt son niveau le plus bas depuis la fin des années 1980.
De Beers a perdu environ 1,5 million de dollars par jour en 2025 et a vu sa valeur dépréciée à trois reprises en trois ans. Anglo American, sa maison mère, est toujours décidée à se séparer de sa filiale. La division diamants de Rio Tinto ne va pas beaucoup mieux : elle a enregistré une perte de 200 millions de dollars sur l’ensemble de l’année dernière, relève le Financial Times. La directrice des activités fer, titane et diamants du groupe met aussi en avant un « contexte de marché très difficile ».
Au premier trimestre, le prix des diamants bruts a chuté de 27% selon le Centre des diamants d’Anvers en Belgique, l’Antwerp World Diamond Centre, qui précise dans un communiqué que « celui du diamant taillé semble se redresser progressivement, et a augmenté de plus de 11% » par rapport à l’année dernière.
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