Le compte à rebours a commencé pour Emmanuel Macron. C’est le début de la fin pour le président de la République. Dans un an, il devra quitter l’Élysée. Une échéance que le chef de l’État doit désormais accepter.
Quand on fait attention aux signaux faibles, les expressions, l’attitude, les petits mots par-ci, par-là, on se rend compte que ça n’est plus un tabou pour Emmanuel Macron qui semble avoir fait sa « révolution » intérieure pour accepter l’inéluctable sortie de l’Élysée.
Il est entré dans la phase du bilan où chaque parole vise à valoriser son action sur les sujets importants pour lui, réseaux sociaux, souveraineté militaire, industrielle… Ceux sur lesquels il veut laisser une trace et si possible faire encore avancer les choses.
Il se permet aussi des tacles à ses adversaires. Par exemple récemment en s’en prenant à « ces mabouls qui veulent se fâcher avec l’Algérie », avec un retour à ce vocabulaire décomplexé qui lui avait valu tant de critiques dans ses premiers pas à l’Élysée mais qui lui permet de lâcher ses coups. Cette fois-ci contre son ancien ministre de l’Intérieur de droite Bruno Retailleau, avec au passage une saillie dans le débat présidentiel à venir. Histoire de continuer à exister.
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Une tournée d’adieu ?
Emmanuel Macron est-il en tournée d’adieu? Officiellement certainement pas. Le président dit vouloir agir jusqu’au « dernier quart d’heure ». Mais en fait oui par la force des choses même si le mot « adieu » est peut-être trop définitif. C’est plutôt « au revoir » car rien ne dit que les Français n’entendront plus parler de lui. Ses conseillers le jurent, Emmanuel Macron n’évoque jamais ses projets post-Élysée. Enfin il a quand même glissé récemment en répondant à la question d’un lycéen lors d’un déplacement qu’il ne ferait « plus de politique après ». Une manière encore d’accepter que l’après c’est bientôt et de ménager le suspense sur cette nouvelle vie qui l’attend à moins de cinquante ans.
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Sur l’international, « il va nous manquer »
Et en même temps, Emmanuel Macron est toujours actif sur les dossiers internationaux. C’est son domaine réservé et celui sur lequel les Français lui reconnaissent le plus de valeur ajoutée. Son entourage veut croire d’ailleurs qu’on le regrettera : « Le jour où il partira, il va nous manquer », prédit une ministre. L’International, la diplomatie, tous les candidats en sont conscients ça sera l’un des sujets de la campagne présidentielle et vraisemblablement l’un des critères de sélection des candidats en 2027. Pour un proche du chef de l’État, « il va y avoir un effet de contraste avec le président qui a dix ans dans les pattes. Pas facile pour eux ». De quoi, espère-t-il, donner à Emmanuel Macron une influence dans la campagne, avant de passer les clefs de l’Élysée à son successeur.
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