Malgré une différence flagrante d’audience et de reconnaissance par les récompenses des élites, Succession et Yellowstone incarnent deux visions distinctes des États-Unis. Une opposition qui raconte quelque chose de l’Amérique que s’apprête à gouverner Donald Trump.
2025 sera marquée par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, porté par une ferveur électorale que personne n’avait su prédire et qui a progressé dans tout le pays par rapport à la première élection du milliardaire en 2016. Loin des habituelles grilles de lecture, courbes de sondage, analyses démographiques, statistiques ethno-religieuses et discours sur la colère d’un peuple prétendument plus polarisé que le nôtre, il y a celle plus rudimentaire de la télévision. Du succès des programmes qui y sont diffusés, et de ce qu’ils disent du décalage entre l’adoubement des médias et celui de la population.
La famille est le cadre de prédilection de la fiction américaine. Qu’elles soient riches ou modestes, faussement soudées ou parfaitement dysfonctionnelles, recomposées ou nucléaires : elles hantent l’imaginaire des États-Unis. Et donc du reste du monde. En 2018, le public fait la connaissance des Roy et des Dutton dans les premiers épisodes de deux séries distinctes : Succession et Yellowstone. En moins d’une décennie, ces deux clans ont rejoint les Fischer de Six Feet Under, les Soprano de la série éponyme, les Byrde de Ozark et les Ewing de Dallas comme partie intégrante du zeitgeist de l’époque.
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