Avant le réveillon, le marché Dejean, dans le quartier de Château-Rouge au nord de Paris, connaît une forte affluence. Les étals spécialisés dans les produits africains attirent une clientèle venue préparer les repas de fête.
Rue Dejean, dans le 18e arrondissement de Paris. À deux pas du métro Château-Rouge, le marché africain déborde déjà en cette matinée de fin décembre. Les étals sont serrés, les salutations fusent dans toutes les langues. À l’approche du réveillon de Noël, le marché est plein à craquer.
Ici, personne n’est surpris : « Ça arrive à partir du 22 décembre », glisse le vendeur de la Boucherie de l’Atlas. Jusqu’au 31, la foule ne faiblit pas. « Les gens gardent l’argent jusqu’aux fêtes », explique le vendeur. Résultat : les vitrines se remplissent de brochettes bien alignées, de tripes, de volailles. La dinde, star des fêtes, part vite. Les pieds de bœuf aussi, indispensables pour certains plats mijotés.
Une cliente accepte de s’arrêter quelques secondes, les sacs déjà bien lourds. « J’ai acheté des cuisses de poulet, de la viande hachée pour faire le pili-pili [recette camerounaise de beignet], la dinde, le poisson, la semoule », énumère-t-elle. Le menu est prêt. Autour de la table, il y aura les enfants, et des amis : « Après la messe, tout le monde à table ». Le réveillon se fera en famille, comme d’habitude.
Traditions françaises et goûts d’ailleurs
Un peu plus loin, chez les primeurs, les couleurs explosent. « Ici, à Château-Rouge, vous avez vraiment des produits d’ethnies. Ça touche toutes les populations », explique la patronne Najet Mestaoui. Ananas Victoria, litchis, clémentines, raisin vert : pour les fêtes, on se fait plaisir. « Ils prennent de tout. Ils s’autorisent un peu plus », observe-t-elle.
Dans la foule, Habib Maurice avance calmement. Pour lui, le menu est déjà fixé : « On va manger des fruits de mer, des crevettes, des huîtres, avec un bon rôti d’agneau. » Un repas qui mêle traditions françaises et goûts d’ailleurs. Aux fourneaux ? « Ah non, c’est la dame qui prépare tout ça », dit-il en riant. Puis, plus sérieux, il ajoute un vœu simple : « J’espère que ce sera une bonne fête et la paix. On a besoin de la paix. »
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