Découvrez quels joueurs ont épaté ou déçu cette année avec le baromètre de la rubrique rugby du Figaro.
EN HAUSSE
Thomas Ramos, la double dimension
Champion de France et d’Europe avec Toulouse au terme d’épopées où il a joué un rôle majeur, l’arrière des Rouge et Noir a surtout changé de dimension avec le XV de France. Propulsé au poste d’ouvreur durant le dernier Tournoi des 6 Nations, Thomas Ramos a parfaitement géré les deux derniers matches des Bleus en offrant notamment la victoire aux siens face à l’Angleterre grâce à une incroyable pénalité. En l’absence d’Antoine Dupont, il a endossé d’importantes responsabilités avant de réaliser une tournée d’automne de très haut niveau. Un cru 2024 exceptionnel pour le Mazamétain. P. G.
Louis Bielle-Biarrey, à toute vitesse
La progression de Louis Bielle-Biarrey est fulgurante. Comme sa vitesse. À seulement 21 ans, l’ailier ou arrière de l’Union Bordeaux-Bègles a gagné sa place de titulaire avec le XV de France. Déjà aligné lors de la Coupe du monde et lors du dernier Tournoi des six nations, il a participé à la très belle saison des Girondins malgré la déconvenue historique reçue en finale du Top 14 face à Toulouse. Mais cette saison, le joueur formé à Seyssins puis à Grenoble a changé de dimension. Avec les Bleus, Bielle-Biarrey a été l’un, si ce n’est le meilleur joueur de la tournée d’automne avec quatre essais inscrits en trois matches où sa vitesse supersonique a impressionné adversaires et grand public. Sa faculté à être sûr sous les ballons aériens et ses qualités remarquables en défense malgré un gabarit relativement léger par rapport aux ailiers modernes font de lui l’une des principales armes offensives des Bleus dans les mois et les années à venir. Assurément l’une des plus belles trouvailles du rugby français ces dernières années. Et ce n’est pas fini… T. L.
Nolann Le Garrec franchit un cap
Depuis ses débuts professionnels, il est annoncé comme un futur crack. Une pépite du rugby français. Et, cette année, Nolann Le Garrec a changé de dimension, que ce soit en club ou en équipe de France. Au Racing 92, c’est lui qui impulse le jeu, donne le ton et créé du danger. Le jeu des Ciel et Blanc repose beaucoup sur son jeu, au pied (long et juste) ou à la main. Une vitesse de passe rare. Cette année, avec le XV de France, il a bousculé la hiérarchie des numéros 9. Pas facile de vivre dans l’ombre d’Antoine Dupont, l’un des meilleurs joueurs du monde. Mais le Breton est, aux yeux du staff de Fabien Galthié, passé numéro deux dans la hiérarchie, devançant Maxime Lucu. Confirmant son immense talent. L’an prochain, il pourrait à nouveau changer de dimension, puisqu’il s’est engagé avec le Stade Rochelais, l’un des meilleurs clubs de l’élite. Alors que le Racing 92 vivote et qu’il va être privé de l’un de ses meilleurs joueurs. Si ce n’est le meilleur. A. C.
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Teddy Thomas, le nouveau défi
Malgré sa réussite offensive, l’ailier rochelais était régulièrement critiqué pour ses errements défensifs. Sans parler des multiples blessures et autres rechutes qui mettaient à mal chacune de ses montées en puissance. Et puis, Teddy Thomas est devenu papa. Un sens à sa vie et une maturité nouvelle. Le corps va mieux, le mental suit. D’autant plus que Ronan O’Gara, le coach du Stade Rochelais, lui propose un nouveau défi : se reconvertir au poste de trois-quarts centre. Mission acceptée. Avec réussite. Le joueur de 31 ans inscrit 5 essais lors de ses cinq premières titularisations. Retour de flammes. Son nom est de nouveau évoqué pour le XV de France (en vain pour l’instant) et le Stade Toulousain lui fait une cour pressante. Avec succès. La saison prochaine, Teddy Thomas évoluera avec le club de la Ville rose. Pour au moins deux ans. Avouons-le, la perspective de voir sa vitesse et ses appuis de feu au service de la ligne d’attaque rouge et noire est très alléchante… D. R.
EN BAISSE
Cameron Woki porté disparu
Au sortir du Grand Chelem réalisé par les Bleus en 2022, Cameron Woki était l’un des cadres du XV de France. Sa reconversion de la troisième à la deuxième ligne était une réussite, précieux capitaine de touche, il apportait aussi tout son dynamisme dans le jeu. Et puis, il a changé de club, quittant l’UBB, où il avait percé au plus haut niveau, pour le Racing 92, proche de ses attaches familiales en Île-de-France. Le début de la fin ? On peut le penser. Il a d’abord peiné à s’acclimater à son nouveau club et n’a depuis jamais retrouvé son meilleur niveau. «Je pense que je n’exploite pas mon potentiel à 100% quand je suis deuxième ligne. Mais je suis toujours content d’être sur le terrain», a-t-il confié en fin de saison dernière. En équipe de France, Woki a perdu son totem d’immunité. Seulement trois sélections en début de Tournoi. Il n’a plus été appelé après le piteux nul contre l’Italie (13-13). Il a juste été rappelé lors de la tournée de novembre après le forfait de Pierre Bochaton (UBB), se contentant d’être juste partenaire d’entraînement. Un vrai déclassement qui est concomitant avec l’éclosion du Toulousain Emmanuel Meafou, devenu rapidement incontournable. A. C.
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Jonathan Danty, net recul dans la hiérarchie
Homme fort du rugby français ces dernières années, le Rochelais a traversé une année 2024 très compliquée. Depuis le quart de finale de la Coupe du monde 2023 perdu face à l’Afrique du Sud, Jonathan Danty n’a plus été aperçu à son meilleur niveau. Fantomatique durant la fin de saison du Stade Rochelais, auteur d’un Tournoi des six nations médiocre (notamment expulsé lors du match nul face à l’Italie), il a nettement reculé dans la hiérarchie du XV de France et n’a pas connu la moindre feuille de match durant la dernière tournée d’automne. P. G.
Sekou Macalou, cadre déchu
Quand, en 2021, il a prolongé de cinq ans son contrat avec le Stade Français, le troisième-ligne, très convoité, était présenté par le club parisien comme sa tête d’affiche, le leader de la ’’next’’ génération. Tout allait bien jusqu’à la demi-finale du Top 14, en juin dernier. Depuis, Sekou Macalou, déjà absent du groupe élargi du XV de France depuis l’élimination en quart de finale de la Coupe du monde, est également de moins en moins en vue avec les Soldats Roses. Neuf feuilles de match, mais seulement quatre titularisations depuis le début de la saison. La dernière, contre les Saracens mi-décembre, a montré un joueur mal dans ses crampons, fébrile, incapable de conserver son sang-froid. Pour une très vilaine manchette sur le demi de mêlée londonien et un carton rouge dès la 20e minute de cette rencontre de Champions Cup. Conséquence, 3 semaines de suspension et un retour sur les terrains pas avant 2025. Sekou Macalou n’est plus incontournable à Paris. Une perte d’influence inattendue pour un passage à vide qui s’étire. D. R.
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Demba Bamba, entre espoir et désespoir
Brillant avec les moins de 20 ans, le pilier Demba Bamba était promis à un avenir radieux sous le maillot du XV de France. Mais les méformes et les pépins physiques l’ont longtemps freiné, malgré ses 29 sélections. En 2024 avec Lyon, il n’avait disputé que 10 rencontres toutes compétitions confondues mais avait été sélectionné pour la tournée sud-américaine des Bleus. Malheureusement lors de la dernière rencontre face à l’Argentine, le pilier s’était rompu le ligament croisé antérieur du genou droit. Opéré, Demba Bamba n’est pas encore revenu et devra sans doute encore patienter. Un coup dur pour lui, bien sûr, mais aussi pour le XV de France qui, à une période, réfléchissait à un successeur crédible à Uini Atonio à droite de la mêlée. Celui qui a décidé de rejoindre le Racing 92 devra être patient avant de retrouver les terrains. Et quand on voit que Georges-Henri Colombe ou Tevita Tatafu n’ont pas déçu, la tâche s’annonce difficile… T. L.
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