Melanie Georgacopoulos, une perle d’inventivité

Date:

Coupée, trouée, enrobée, asymétrique : depuis quinze ans, Melanie Georgacopoulos s’amuse avec la perle pour mieux la sortir de son carcan. « Elle nous arrive avec son bagage et ses connotations. Chacun songe instinctivement aux royautés, aux maharadjas, aux bijoux anciens ou à Cléopâtre, qui a fait dissoudre la sienne dans du vinaigre, observe la joaillière, née d’une mère française décoratrice et d’un père grec, avocat. Moi, j’aime l’extraire du statu quo. »

Perles crème agglomérées en alvéoles ; perles rosées ou aux reflets verts, enfermées dans une marqueterie de nacre ; perles laiteuses emprisonnées dans une coque diamantée, ou dans lesquelles un fil d’or semble avoir été noué par magie…

La créatrice, née en 1979, qui a étudié les techniques joaillières antiques (granulation, filigrane, gravure) à Athènes, la sculpture à Edimbourg et le design de bijoux au Royal College of Art de Londres, a appris à bluffer son monde en travaillant sa matière première.

Des perles nappées d’or

Elle fait sensation dès ses débuts avec une proposition où les perles, disposées en rangs sages, s’avèrent tranchées en deux. « C’est parti d’une simple curiosité, explique-t-elle. Je voulais comprendre ce qu’il y avait à l’intérieur. On y voit des lignes de stratification comme celles des troncs d’arbres. » La collection tape dans l’œil de Tasaki, maison japonaise, qui lui confie dès 2012 une ligne à ses initiales, M/G Tasaki.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La créatrice Alina Abegg, gemme de la gourmandise

Elle enrichit l’univers de la griffe fondée en 1954 avec des bijoux sur lesquels les perles sont hérissées de picots, retaillées en pentagone ou, cet automne, à moitié nappées d’or. Akoya, Mabe, tahitiennes, extraites des mers du Sud… toutes les origines ont leur place dans ses expérimentations.

Des boucles d’oreilles en or blanc, nacre, diamants et perles Hippopus de la marque Melanie Georgacopoulos.
Collier en coquilles de quahog, de la marque Melanie Georgacopoulos.

Avant les perles de conque, rose bubblegum, qu’elle tente d’apprivoiser en ce moment, elle a élargi son horizon aux coquilles de quahog (palourdes de mer), retaillées pour constituer une chaîne byzantine ayant « la forme exacte d’un bijou en argent dont j’ai hérité de la tante de mon père, dit-elle, montrant en parallèle le modèle métallique et sa recréation en coquilles violacées. Elle l’avait emportée avec elle dans les années 1920, lorsque la communauté grecque a été chassée d’Izmir, en Turquie, où elle vivait alors ».

Le site de Melanie Georgacopoulos.

Le site de la maison Tasaki.

Réutiliser ce contenu

Source du contenu: www.lemonde.fr

Share post:

Populaire

More like this
Related