On va s'aimer condamné pour plagiat, Gilbert Montagné se pourvoit en cassation

Date:

Après 26 ans de bataille judiciaire la cour d’appel de Paris vient de rendre un arrêt qui stipule que le tube de 1983 est 
une contrefaçon d’Une Fille de France de l’Italien Gianni Nazarro. Me Goldnadel, avocat de Gilbert Montagné, a annoncé avoir saisi la Cour de cassation.

On va s’aimer, l’histoire d’amour qui enflamme les soirées et les fêtes depuis 1983, est au cœur d’une bataille judiciaire qui dure depuis près de vingt ans. Le 9 octobre 2024, la cour d’appel de Paris a confirmé une décision de la justice italienne datant de 2012, stipulant que la chanson interprétée par Gilbert Montagné est en partie un plagiat. L’objet du litige étaient les similitudes entre On va s’aimer et Une fille de France, interprétée en 1976 par l’Italien Gianni Nazzaro. Contacté par l’AFP, Me Gilles-William Goldnadel, avocat de Gilbert Montagné, a annoncé avoir saisi la Cour de cassation. L’avocat a également précisé qu’une nouvelle expertise est en cours en Italie, laissant entendre que le combat judiciaire se poursuivra. Contacté par Le Figaro, Didier Barbelivien, le parolier des deux titres, continue à se montrer «optimiste» dans cette affaire qui le navre.

En effet, Didier Barbelivien, qui est à la fois l’auteur reconnu des deux textes, a du mal à comprendre ce litige qui dure depuis 26 ans, si on ajoute le temps des procédures italienne et française. Il n’est pas inutile de rappeler que dans le cadre de la procédure italienne, le célèbre parolier n’est pas associé à la plainte, ne pouvant légalement porter plainte contre lui-même, étant l’auteur des deux chansons. Cette longue démarche judiciaire a été marquée, notamment, par la décision rendue en 2008 par le tribunal de Milan. Ce dernier avait conclu qu’On va s’aimer constituait une contrefaçon d’Une fille de France, condamnant Abramo Universal Music Italia ainsi que Gilbert Montagné à indemniser les ayants droit pour les préjudices moraux et patrimoniaux subis. Cette condamnation avait été confirmée par la Cour de cassation italienne en 2012, rappelle la cour d’appel de Paris. 

La question centrale tourne désormais autour de l’attribution des rémunérations générées par On va s’aimer, objet d’un âpre combat devant les tribunaux. La justice italienne a estimé en 2017 le préjudice subi à 1,6 million d’euros mais, à la suite de recours, l’affaire doit de nouveau être jugée. La justice française, qui a progressivement reconnu les décisions transalpines, se penche sur le volet des droits d’auteur depuis 2013. Au cours des différentes procédures, les contrefacteurs ont notamment fait valoir que le plagiat n’était que partiel et ne concernait que la musique et non les paroles. Ce qui ne doit pas, selon eux, conduire à verser l’intégralité des droits d’auteur aux victimes. Mais la justice ne les a jusqu’ici pas suivis: le tribunal judiciaire de Paris a donné gain de cause en 2020 aux victimes de la contrefaçon, ordonnant à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) de modifier son catalogue pour qu’elles puissent percevoir la totalité des droits d’auteur. Après un pourvoi en cassation et un nouveau procès, la cour d’appel a, par son arrêt d’octobre, de nouveau donné raison au trio Rivière, Cywie et Première Music Group.

Une fille de France , chantée par Gianni Nazzaro en 1976

Contacté par l’AFP, Me Gilles-William Goldnadel, avocat de Gilbert Montagné, a indiqué lundi avoir saisi la Cour de cassation et qu’une «expertise» était également «en cours en Italie». L’affaire n’est donc pas close. Par ailleurs, le chanteur des Sunlights des tropiques, 72 ans, peut continuer à percevoir des droits pour On va s’aimer, en simple qualité d’interprète de ce morceau passé à la postérité.

On va s’aimer , chantée par Gilbert Montagné

Faiseur de tubes reconnu (Il tape sur des Bambous pour Philippe Lavil, Mademoiselle chante le blues pour Patricia Kaas…) , Didier Barbelivien, co-auteur des deux titres voudrait maintenant que le public vienne en aide à la justice et au bon sens, comme il l’a confié au Figaro: «J’encourage les amoureux de la chanson à écouter puis à comparer les deux œuvres. Et surtout je les laisserai libres de leur jugement. Quoi qu’il arrive, je reste confiant dans la future décision de la Cour de cassation. Mais ce qui me chagrine le plus, c’est la torture morale qu’on fait vivre à l’homme honnête qu’est Gilbert Montagné».

Source du contenu: www.lefigaro.fr

Share post:

Populaire

More like this
Related

Un soldat français tué dans une embuscade au Liban-Sud

Le sergent-chef Florian Montorio, du 17e régiment du génie...