En Champagne, terre d’assemblage de cépages et de millésimes, Cynthia Fossier est aussi une belle combinaison. Volontaire, entière et impatiente (dit-elle), voire fière, et, dans le même temps, souvent assaillie par le doute, manquant de confiance parfois et toujours prête à se remettre en question. C’est avec cet alliage que la jeune femme de 33 ans reprend le flambeau de cheffe de cave de la maison Canard-Duchêne, à Ludes (Marne), sur les coteaux nord de la montagne de Reims.
Cynthia Fossier arrive dans une marque, Canard-Duchêne, réputée pour mener une double vie. Elle est, d’un côté, surtout connue pour les cuvées de la gamme « Essentiel », vendues dans les supermarchés de France à prix doux, qui représentent les deux tiers de la production. Mais il y a aussi une deuxième gamme, nommée « Iconic », avec des cuvées moins connues comme « Léonie », que l’on trouve chez les cavistes et dans les beaux restaurants, et qui entendent rivaliser avec les meilleures.
Rien ou presque pourtant ne prédestinait la jeune femme à devenir un visage de la Champagne : une scolarité passée à Rethel, dans les Ardennes ; un père ouvrier (Michel) et une mère assistante maternelle (Marie-Annette). A peine se souvient-elle d’avoir accompagné, enfant, ses parents qui faisaient les vendanges – le raisin et le vin se sont-ils alors invités dans ses gènes ? En passant, déjà, devant Canard-Duchêne, elle aurait dit à son père : « Un jour, je travaillerai là. » Toujours est-il que le champagne en famille (composée aussi de son frère, Kevin) ne se buvait qu’en de rares occasions : Noël, anniversaires…
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