PORTRAIT – Centriste roublard missionné pour négocier avec les oppositions, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement est une pièce méconnue du grand public mais stratégique dans le dispositif du premier ministre.
On n’impressionne pas facilement François Bayrou, mais, ce jour-là, Patrick Mignola l’a étonné. En ce printemps 1998, au siège parisien de l’Union pour la démocratie française (UDF), il reçoit à son bureau l’un des jeunes élus de son parti. Une crise est ouverte en interne, depuis que le dirigeant centriste a condamné le pacte UDF-Front national, conclu par des représentants de sa formation dans plusieurs régions. Ses alliés libéraux du Parti républicain menacent de partir.
« Qui va me suivre ? », demande-t-il à Patrick Mignola. Département par département, ce Savoyard au CV de collaborateur ministériel, passé par le cabinet de François Léotard à la Défense, lui détaille les rapports de force : les opposants sécessionnistes d’un côté, les amis loyaux de l’autre. Il les connaît presque tous, depuis qu’il a présidé la branche jeune du Parti républicain. Face à lui, François Bayrou écoute un soutien de 26 ans passionné par les jeux d’appareil.
Patrick Mignola, le double d’années…
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