À 24 ans, le Français est passé tout près d’une première victoire Porte d’Auteuil dans le tableau principal. Un match en cinq sets qui a mis l’ambiance de belle manière.
Ce dimanche, premier jour de l’édition 2025 de Roland-Garros, s’égrenait dans une relative torpeur. Sans ce petit match frisson qui vous fait monter le palpitant, dans l’espoir de pouvoir rentrer chez vous en criant sur les toits : «j’y étais !». Pour l’émotion, il fallait alors plutôt compter sur l’hommage rendu à la légende des lieux, Rafael Nadal, à grands coups de clips savamment montés et de présence de guest-stars au palmarès long comme les bras d’un Roger Federer, d’un Novak Djokovic ou encore d’un Andy Murray. Mais soudain, passé la révérence ô combien légitime consacrée au divin retraité majorquin, une clameur a saisi les travées de la Porte d’Auteuil. Et une rumeur, précisant «the place to be» : le court numéro 6, où le Français Valentin Royer défiait le Colombien Daniel Elahi Galan…
Pourtant, pendant près d’une heure et demie, rien n’indiquait que cette rencontre allait revêtir un quelconque intérêt. Sûr de lui, le Sud-Américain faisait la loi et se détachait deux manches à rien (6-7, 3-6). Direction une qualification tranquille, un massage et au lit ? Pas vraiment, à écouter Valentin Royer quelques heures plus tard. «À ce moment du match, je me dis que je suis dos au mur pour aller gagner ce match. Mais à aucun moment, je me dis que c’est fini, car c’est la beauté des matches en cinq sets. Lui, je le voyais un peu touché physiquement quand même, même s’il a bien tenu, il s’est beaucoup encouragé, il est resté très positif. Je me suis dit que pour gagner, il allait falloir que j’aille à un cinquième set, et je me dis que je l’ai dans les pattes. Physiquement, je suis assez bon, je suis meilleur que la plupart des mecs je pense.»
Quand je remporte le 4e et que je vois le court vraiment en feu, je me suis dit que c’était vraiment pour ce genre d’émotion que j’aimais tant jouer au tennis.
Valentin Royer
L’opération remontada débutait. D’abord sereinement, lors d’une troisième manche à sens unique en sa faveur (6-3). Puis lors d’un quatrième acte extrêmement accroché, qui se jouait au jeu décisif, que le Français de 24 ans dominait 7 points à 4. Et évidemment, au fil des jeux, l’ambiance du court numéro 6 commençait lentement mais sûrement à bouillir. «C’est le rêve de tout gamin de vivre ça», raconte alors le natif de Neuilly-sur-Seine, à quelques kilomètres à peine à vol d’oiseau de Roland-Garros. «Sur un cours en feu comme ça, devant tant de gens, à la fois physiquement mais aussi derrière leur écran, c’est incroyable comme sensation. À un moment donné, j’ai juste kiffé le moment. Quand je remporte le 4e et que je vois le court vraiment en feu, je me suis dit que c’était vraiment pour ce genre d’émotion que j’aimais tant jouer au tennis.»
Le cinquième set, lui, donnait naissance à un scénario pour le moins décousu, à base de breaks pour le Colombien et de débreaks immédiats du Français. Mais à ce petit jeu, malgré le soutien inconditionnel du public avec des spectateurs qui se pressaient pour prendre place dans des tribunes bondées, Valentin Royer finissait par craquer en concédant une nouvelle fois son engagement à 5-5. Et cette fois, Galan ne lui laissait pas l’opportunité de revenir (5-7). Une belle remontada au petit goût de pas assez. «Je ressens beaucoup, beaucoup de déception. J’ai le sentiment amer de ne pas avoir su conclure quand il fallait, de ne pas avoir su repartir sur le début du 5e sur les bases solides avec lesquelles j’ai fini le 4e, en étant entreprenant et dominateur sur le terrain. Maintenant, c’est une bonne expérience aussi pour moi. Ce n’était pas vraiment le résultat que j’escomptais mais aujourd’hui, je pense que j’ai donné ce que j’avais à donner sur le cours. Je suis un peu dégoûté, mais il y a des choses plus importantes dans la vie.»
Place au Top 100 désormais
Il s’en est donc fallu de peu que le jeune Français ne réussisse à faire fructifier la wild-card qui lui avait été octroyée. «Je remercie encore la Fédération française de tennis et l’organisation du tournoi pour m’en avoir donné une. Je prends ça comme une récompense du travail fourni. Maintenant, il y a des classements à atteindre pour pouvoir être dans les grands tableaux de Grand Chelem ou alors se qualifier par la grande porte.» 120e au classement ATP, Valentin Royer reste, avant ce Roland-Garros, sur une belle campagne en Challenger, avec notamment un titre remporté à Kigali (Rwanda) et une finale à Zadar (Croatie).
«Maintenant, à Wimbledon, je serai en qualif’ aussi et il va falloir repartir à la bagarre», lâchait-il, déjà tourné vers l’avenir. «Je bosse avec un préparateur mental qui m’aide énormément sur cet aspect-là. Je pense que j’ai fait d’énormes progrès depuis le début de l’année grâce à ça. Je considère que tout est dans la tête car les jambes, je les ai pour aller chercher les grands tableaux et continuer à grimper au classement.» Une ambition qui ne demande qu’à se transformer en actes.
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