Fin de vie : «Les gens ne le font pas pour faire des économies mais il y aura des économies», pointe Philippe Juvin

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Bien qu’opposé au projet d’aide à mourir, le député LR des Hauts-de-Seine et médecin anesthésiste, chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou, a soulevé le sujet «tabou» des économies que permettrait la loi sur l’aide à mourir.

Le sujet est délicat, voire tabou. Y a-t-il dans le débat sur l’aide à mourir un enjeu financier ? «Au Canada, il y a trois ans, en 2022, ils ont économisé 80 millions de dollars sur le système de santé sur l’année. Pourquoi ? Parce que la fin de vie est coûteuse», autour de 30.000 euros par an en moyenne en France, a affirmé Philippe Juvin, ce samedi 24 mai sur Franceinfo. Alors que les députés ont approuvé mardi 20 mai l’ensemble des conditions requises pour qu’un malade puisse être éligible au droit à l’aide à mourir, le député LR des Hauts-de-Seine et médecin anesthésiste – opposé au projet – a estimé qu’il ne fallait pas mettre de côté la question des économies qui pourraient être réalisées.

«Les gens ne le font pas pour faire des économies mais il y aura des économies qui seront faites, c’est une évidence», a-t-il affirmé. S’appuyant sur une étude de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou a ainsi rappelé que le gain financier de l’aide médicale à mourir avait été particulièrement important au Canada, estimé dans ce rapport à 149 millions de dollars canadiens. Et ce, alors que la part du financement public «représente 73% des dépenses de santé au Canada». Sachant en outre qu’«il est l’un des pays de l’OCDE où les dépenses de santé par personne comptent parmi les plus élevées, derrière l’Allemagne et les Pays-Bas», peut-on lire dans cette étude.

«Une bronca absolument folle»

Philippe Juvin, opposé au projet d’aide à mourir, a tenu à préciser son propos. «Que les choses soient claires, je crois que personne, parmi celles qui souhaitent l’euthanasie et le suicide assisté, ne le fait pour des questions financières», a-t-il assuré, admettant qu’il s’agissait là d’une question compliquée, mais qui méritait d’être posée. «Quand je l’ai posée en Commission des affaires sociales, ça a été une bronca absolument folle, les gens ne voulaient pas qu’on en parle.»

«Mais c’est vrai que par définition, vous aurez des “business models” qui vont se mettre en place (…) Moi je pense que nous aurons des modèles économiques qui vont se mettre en place », a poursuivi l’élu, sous-entendant que certains établissements hospitaliers pourraient en profiter pour imaginer un lucratif accompagnement vers la mort. Face à ce qu’il considère être une potentielle dérive du système, lui souhaite par exemple que l’euthanasie ne puisse pas être réalisée dans les hôpitaux à but lucratif. Proposition qui n’a pas été retenue par l’Assemblée nationale.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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