ENTRETIEN – L’enseignante-chercheuse Aurélia Troupel considère que cette loi risque de provoquer, dans les petites communes, « une sorte de parodie d’élection démocratique ».
Enseignante-chercheuse, Aurélia Troupel est maître de conférences en sciences politiques à l’université de Montpellier.
LE FIGARO. – Quel regard portez-vous sur la loi imposant la parité aux petites communes ?
AURÉLIA TROUPEL. – Du point de vue des élus, et surtout des futurs maires, c’est plutôt une bonne chose, car la mesure va réduire l’incertitude électorale qu’ils peuvent d’habitude avoir avec le système dit du « panachage ». Là où, aujourd’hui, un candidat tête de liste peut arriver en tête et ne pas être élu maire s’il cristallise sur son nom l’essentiel des mécontentements, ce sera désormais bien plus confortable avec le système de liste bloquée. Placé en première position, le futur maire pourra plus facilement asseoir son autorité sur le conseil municipal avec des rôles mieux identifiés et une opposition « neutralisée » par le mode de scrutin. La gouvernabilité du conseil municipal sera optimale. En revanche, du point de vue des électeurs, c’est un retour en arrière…
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