VU D’AILLEURS – Toujours controversé et résolument politiquement incorrect, le philosophe slovène estime que l’ère de la social-démocratie libérale appartient désormais au passé. Dans une interview exclusive, il affirme que nous sommes entrés dans une nouvelle ère, où il ne s’agit plus de rêver à un monde meilleur, mais simplement de survivre.
Par Joseba Elola (El País)
Slavoj Žižek déteste les fêtes. Il déteste les bavardages, passer d’un groupe à l’autre, les dîners interminables – et même l’enseignement. « En vieillissant, je deviens très misanthrope. Je déteste les gens », confie-t-il sans détour. Il déteste également la sagesse, tout comme l’idée d’une mort lente. Au fil de l’entretien, la liste de ses aversions ne cesse de s’allonger – Žižek n’est pas un homme de demi-mesure, et il ne mâche pas ses mots.
Philosophe controversé et véritable agitateur de consciences, Žižek navigue avec aisance dans les eaux du politiquement incorrect. Il aime provoquer – par ses idées, par ses propos. Souvent, avant de lâcher une de ses formules-chocs, il prévient en glissant un « je sais que cela va être polémique », puis se lance sans retenue. Il lui arrive aussi de jeter un pavé dans la mare, avant de revenir sur ses déclarations. Comme le souligne la philosophe catalane Marina Garcés, il conçoit la philosophie comme un acte de radicalisme…
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