Sarah Gensburger, sociologue : « Le soutien aux politiques mémorielles est aujourd’hui une forme de “distinction sociale” »

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Directrice de recherche au CNRS et membre du Centre de sociologie des organisations (CSO, Sciences Po), Sarah Gensburger est une spécialiste des rapports entre mémoire et politique. Autrice de Qui pose les questions mémorielles ? (CNRS Editions, 2023), elle a dirigé, avec Jenny Wüstenber, Dé-commémoration. Quand le monde déboulonne des statues et renomme des rues (Fayard, 2023).

En 2024, elle a publié avec Benoît Tudoux, dans la Revue française de science politique, « Au-delà de la concurrence des mémoires, une réanalyse de l’enquête “Baromètre racisme” 2021 de la CNCDH ».

La culture française et européenne contemporaine est-elle caractérisée, selon vous, par ce qu’on appelle parfois l’« inflation mémorielle » ?

Les nations, comme les institutions internationales, s’intéressent à l’histoire depuis fort longtemps mais, depuis les années 1990, le passé est effectivement intégré à ce que l’on appelle des politiques « mémorielles ». Elles ne se contentent pas d’encourager la connaissance de l’histoire : elles ont l’ambition de diffuser des valeurs démocratiques de tolérance – et donc de transformer en profondeur la société.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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