ENTRETIEN – La présence du président russe aux premières négociations russo-ukrainiennes directes depuis 2022 «n’a jamais été sérieusement envisagée à Moscou, ni par Zelensky et ses soutiens européens», analyse le spécialiste de la Russie Arnaud Dubien.
Arnaud Dubien est directeur de l’Observatoire franco-russe à Moscou et chercheur associé à l’Iris.
LE FIGARO.- Poutine a proposé le 11 mai à Zelensky des négociations directes entre Kiev et Moscou. Mais alors que celles-ci se concrétisent, il refuse d’y participer. Pourquoi ?
Arnaud DUBIEN.- La présence de Vladimir Poutine à Istanbul pour des pourparlers avec son homologue ukrainien n’a jamais été sérieusement envisagée à Moscou, ni d’ailleurs, je pense, par Volodymyr Zelensky et ses soutiens européens. En proposant des pourparlers directs, le président russe souhaitait couper l’herbe sous le pied de l’Ukraine : il savait que refuser de telles discussions serait pratiquement impossible, d’autant que les Américains en avaient fait un de leurs objectifs.
Imaginer que Poutine, qui a systématiquement refusé tout contact avec Zelensky depuis le sommet de Paris en décembre 2019, puisse se rendre à une «convocation» – assortie de surcroît de menaces de sanctions européennes s’il n’obtempérait…
Source du contenu: www.lefigaro.fr
