LETTRE EXCLUSIVE ABONNÉS – Le nouveau chancelier conservateur nourrissait de grandes ambitions pour l’Allemagne en Europe et dans le monde. Le geste d’humeur de sa majorité, qui lui a refusé une élection au premier tour devant le Bundestag, a brisé cet élan avant même son entrée en fonction.
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« L’Allemagne est de retour », avait claironné le conservateur Friedrich Merz au lendemain de sa victoire électorale du 23 février dernier. Après le mandat calamiteux d’Olaf Scholz, paralysé par sa coalition à trois partis, qui a effacé la première puissance économique du continent de la scène européenne, Merz était attendu tel le messie à Bruxelles. Avant même son accession à la chancellerie, le 6 mai, il s’était montré proactif, faisant adopter par le Bundestag un paquet de 1 000 milliards d’euros pour reconstruire l’armée allemande et les infrastructures publiques, enterrant au passage le sacro-saint mécanisme de « frein à la dette » (Schuldenbremse) avec la majorité requise des deux tiers. Un mois et demi lui avait suffi à négocier et signer le contrat de coalition avec les sociaux-démocrates du SPD, un record dans le paysage politique allemand éclaté depuis la fin de l’ère Kohl. Encalminés dans leur bras de fer avec Donald Trump, les Européens trépignaient de retrouver…
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