Le bob, un habile et souple couvre-chef

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« Sous mon bob/Je marche sur le globe/Personne ne sait qui c’est/C’est monsieur que rien n’effraie », chantonne Philippe Katerine dans le morceau fort à propos intitulé Sous mon bob. Une chanson comme un hommage à ce chapeau cloche qui ne le quitte plus, au point de s’inviter sur la pochette de son album Zouzou (2024). En couvre-chef beige et manteau de fourrure, le fantasque chanteur déambule pour les besoins de son clip dans les rues de Créteil et personne ne le reconnaît.

C’est qu’il ne faut pas se fier à son large bord qui sert de visière et à son apparente simplicité : souvent taillé dans une matière souple – pour le rouler et le glisser facilement dans sa poche –, le bob s’adapte à toutes les situations. Et permet de s’abriter des éléments aussi bien que des regards. C’est d’ailleurs bien pour cacher une coupe de cheveux un peu ratée que l’acteur Jeremy Strong (révélé entre autres par la série Succession, sur HBO) avait choisi d’en porter un sur le tapis rouge des Golden Globes 2025, en velours jade assorti à son costume Loro Piana.

Si certains louent l’anonymat que garantit le bob, celui qu’on appelle aux Etats-Unis le bucket hat est, pour d’autres, l’occasion de se faire remarquer. Voire de signifier leur appartenance à une communauté. Popularisé par les rappeurs américains LL Cool J et les membres du groupe Run-DMC dans le courant des années 1990, il est étroitement lié au streetwear.

Une paternité discutée

Plus récemment, c’est le groupe de rap français PNL – auquel fait d’ailleurs référence Katerine dans sa chanson : « Sous mon bob/J’écoute du PNL/Ouais j’ai la cinquantaine » – qui a remis cet accessoire sur le devant de la scène. Particulièrement friand du modèle Artichaut de Jacquemus sorti en 2022, avec bords effilochés et cordon de serrage réglable sous le menton, le duo s’est ensuite employé à commercialiser ses propres modèles sous sa marque QLF (pour « Que la famille »).

Sous ses airs identitaires, ce couvre-chef dont la paternité reste discutée – a-t-il été créé outre-Atlantique au début du XXsiècle par un certain Robert B. Robert ou importé par les soldats américains débarquant sur les plages françaises lors de la seconde guerre mondiale ? – sait aussi se faire plus élégant.

Pour sa dernière collection estivale à la tête de la création de Dior Men, présentée en juin 2024, le Britannique Kim Jones avait coiffé ses mannequins de bobs pastel en fibres naturelles, agrémentés de quelques perles. Des couvre-chefs réalisés avec la complicité de Stephen Jones, chapelier et collaborateur historique de Dior et de la marque sud-africaine d’accessoires Earth Age – les perles étant, elles, fabriquées par le céramiste et parurier français Yann Pétillault.

Bob en coton, 150 €, et chemise Isabel Marant.
Bob en denim avec patch en cuir, 650 €, Dior Men, sweatshirt et bermuda Dior × Lewis Hamilton.
Bob en éponge, 370 €, blouson et chemise Hermès.
Bob Ewen, en coton, 95 €, A.P.C. Golf, et chemise A.P.C.
Bob en crochet de coton mélangé, 820 €, et chemise Prada.
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Source du contenu: www.lemonde.fr

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