Elles ont conscience de ne pas arriver dans le costume de favorites. « Pas grand monde ne nous voit gagner », reconnaît la demi de mêlée Pauline Bourdon Sansus. Samedi 26 avril à 17 h 45 (heure de Paris), les joueuses de l’équipe de France féminine de rugby se déplacent à Twickenham pour affronter les Anglaises, tenantes du titre. Et l’équation est simple : l’équipe vainqueure de cette « finale » sera sacrée dans le Tournoi des six nations.
Dans le groupe français, rares sont les joueuses à avoir déjà goûté à la victoire face aux Red Roses. Pauline Bourdon Sansus (29 ans et 65 sélections) est de celles-là. Le 10 mars 2018, la demi de mêlée du Stade toulousain faisait partie du XV de France ayant vaincu de justesse l’Angleterre à Grenoble (18-17), avant de valider son grand chelem une semaine plus tard. Depuis ce jour, les Anglaises n’ont plus perdu un match dans le Tournoi. « C’est une équipe très clinique », a décrit la joueuse, mercredi, en conférence de presse, « leur jeu est très schématisé » et « elles ont des individualités incroyables ».
Invaincues dans le Tournoi – comme leurs adversaires –, les Françaises sont en lice pour décrocher leur premier titre depuis 2018. Mais les joueuses du binôme de sélectionneurs Gaëlle Mignot-David Ortiz n’ont pas toujours convaincu : samedi 19 avril, à Parme, elles se sont péniblement défaites des Italiennes (34-21) après une première période souffreteuse. « Si on met une mi-temps à rentrer dans le match contre les Anglaises, ça va être compliqué pour nous et ça risque de se passer un peu comme il y a deux ans », a averti Pauline Bourdon Sansus. Pour leur première sortie sur la pelouse de Twickenham – devant 58 000 spectateurs –, les Bleues avaient pris l’eau en première période (0-33), avant de se rebiffer, mais de s’incliner in fine (33-38).
Ce samedi, les Bleues devront « essayer de commencer fort ce match, [car] les Anglaises n’ont pas l’habitude d’être menées au score et d’être un peu bousculées », anticipe la demi de mêlée. Equipe privilégiant le jeu mais parfois mise à mal dans le combat, le XV de France devra composer sans trois de ses armes, les troisièmes-lignes Romane Ménager et Séraphine Okemba et la trois-quarts Montserrat Amédée étant forfait pour cette rencontre qui fait office de « finale » du tournoi.
« La moindre erreur se paie cash »
Et l’adversaire s’annonce redoutable. Comptant déjà 13 titres dans le Tournoi des six nations sous son format actuel, soit depuis 2007, les Anglaises enchaînent les performances de haut vol depuis leur courte défaite (34-31) en finale de la dernière Coupe du monde, en 2022, face aux hôtes néo-zélandaises – la France avait terminé à la troisième place. « On sait que l’Angleterre, c’est la nation numéro 1, a résumé la pilier Assia Khalfaoui dans Midi-Olympique. En gagnant chez elles, on marquerait les esprits. Le grand public se dirait qu’on est prêtes, qu’on a rebondi et qu’on va arriver plus fortes que jamais pour la Coupe du monde », qui se déroulera outre-Manche du 22 août au 27 septembre.
Bête noire des Bleues, les Red Roses attendent aussi ce choc avec impatience. « C’est un vrai test, un match spectaculaire pour les spectateurs, mais brutal pour les joueuses, décrit l’ancienne internationale anglaise Shaunagh Brown, sur le site Internet des Six Nations. Contre la France, chaque action compte, et la moindre erreur – en-avant, pénalité bêtement concédée, touche non trouvée – se paie cash. »
En quête de certitudes face à leurs plus grandes rivales continentales, alors que les audiences décollent en France (dans les stades et à la télévision) pour le rugby au féminin, les partenaires des co-capitaines Marine Ménager et Manae Feleu aspirent à livrer un match référence. « C’est la finale du tournoi. Donc ce match sera beaucoup regardé, très médiatisé, à nous de montrer du beau jeu, de montrer nos forces pour pouvoir être suivies tout au long de la Coupe du monde », conclut la première-ligne Yllana Brosseau.
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