Claire Cosnefroy, une céramiste lumineuse

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Les objets de Claire Cosnefroy semblent taillés dans la pierre, celle des dalles d’église ou des parois calcaires de Provence creusées par la pluie et le vent, qui la fascinent, confie-t-elle, depuis qu’elle s’est installée à Arles.

En 2020, cette artiste touche-à-tout, qui navigue entre la mode et la musique, a mis fin à une carrière de journaliste-styliste dans la presse et quitté Paris pour se consacrer à la céramique. « La mode est un art appliqué, soumis à beaucoup de contraintes. Je ne supportais plus le stress perpétuel, les ordres, la hiérarchie. J’avais besoin de renouer avec une pratique plus instinctive. Le travail de la terre ancre dans le réel, dans le temps. »

Après une formation en Bourgogne, elle s’oriente vers la création en colombin d’objets usuels, en grès ou en porcelaine, aux formes intemporelles, « comme venues d’ailleurs », sans angles ni arêtes. Des appliques-sculptures, des chandeliers ondulants jusqu’à parfois dix branches – « ce sont eux qui m’ont fait connaître » –, mais aussi des vases ou des tabourets bouts de canapé.

Une applique lumineuse de la collection La Danza.
Le bougeoir Tight à la galerie Objets inanimés.

Ses pièces uniques, fabriquées sur commande, attirent l’attention d’architectes d’intérieur et de jeunes galeries (Objets inanimés, à Marseille, ou La Lune, à Dijon). Pour leur donner cet aspect minéral, la céramiste les enduit d’un engobe blanc, puis les patine à la cire d’abeille. « Je cherche cet effet de polissage, ce lustre qui accroche la lumière, crée des jeux d’ombres et leur donne l’air d’être là depuis toujours alors qu’ils viennent d’être fabriqués. »

Elle étend ces temps-ci sa pratique à des pièces de mobilier. A la demande de la galerie La Lune et en collaboration avec l’Atelier Pesmois, elle a imaginé In Attesa (« en attente »), une enfilade de noyer habillée de portes en céramique, puis un cabinet, sorte de buffet haut, In Attesa II, présenté par La Lune, avec d’autres pièces de la créatrice, à la galerie Vague, à Arles, jusqu’au 2 mai.

« J’ai travaillé les plaques de terre ensemble, en les juxtaposant, pour créer une continuité dans la forme. » Creuses, elles sont « construites comme une grotte » et modelées à la surface aux doigts, puis au stylet de gravure et au pinceau, comme un bas-relief. Ou, selon ses mots, « un bloc de pierre en suspens ».

Le cabinet In Attesa, à la galerie La Lune.

Le site de la galerie La Lune et le compte Instagram de la galerie Vague

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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