CHRONIQUE – Angot a été souvent imitée, mais on préfère l’originale.
L’une des principales joies de la critique littéraire consiste à retourner sa veste. On a souvent critiqué Christine Angot. On l’a traitée de folle hystérique, de mythomane, de narcissique. Or, elle a influencé toute une génération d’écrivains – je refuse de dire « écrivaines » car beaucoup d’hommes l’imitent aussi. Si l’on reconnaît l’importance d’un auteur à son empreinte sur le style de son temps, Angot est une référence centrale de notre littérature. On reconnaît d’abord une rythmique et une énergie, concentrée dans une densité syncopée. On peut être exaspéré par ses redondances, mais on ne peut discuter sa force. La preuve d’une écriture, c’est le pastiche. Si Angot a souvent été parodiée – y compris par votre serviteur –, c’est que sa forme s’est imposée.
En lisant attentivement son œuvre, on distingue deux Christine Angot. La première a affronté, dans quatre livres implacables, un grand malheur qui lui est arrivé : l’inceste avec son père, de l’âge de 13 à 16 ans. Dès les…
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