Une cérémonie est organisée ce 15 avril en l’honneur d’une partie de ceux qui ont restauré la cathédrale. Le président de la République, le premier ministre et plusieurs membres du gouvernement vont octroyer la Légion d’honneur ou l’Ordre du Mérite à une « promotion Notre-Dame ».
Charpentiers, sculpteurs, tailleurs de pierre, spécialistes du bois, échafaudeurs ou agent de sûreté… Emmanuel Macron va présider mardi 15 avril une cérémonie de décoration d’une centaine d’artisans et de salariés de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, six ans jour pour jour après l’incendie. « Le président prononcera une allocution pour saluer des personnes ayant surmonté des défis techniques, et qui font la fierté de la France », indique l’Élysée. « Il saluera également le succès public de cette restauration, qui contribue au rayonnement de la France et attire 30 0000 personnes par jour, venues du monde entier ».
La cérémonie aura lieu à 18 heures, dans la grande salle des fêtes à l’Élysée, un moment symbolique puisque c’est à cette heure précise où le sinistre se déclarait à l’intérieur de la charpente, le 15 avril 2019.
Un choix difficile
La « promotion Notre-Dame» pour la Légion d’Honneur et l’ordre national du Mérite a été dévoilée 18 janvier dernier et s’efforce de couvrir tous les métiers et les niveaux hiérarchiques. Outre Philippe Jost, président de l’établissement public chargé du chantier de restauration de la cathédrale ( élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur), l’architecte en chef Philippe Villeneuve, la conservatrice Marie-Hélène Didier, le régisseur de la cathédrale Laurent Prades ou l’archéologue Christophe Besnier, des échafaudeurs, décorateurs, conducteurs de travaux, vitraillistes couvreurs et charpentiers font partie de la liste.
Il a visiblement été difficile de choisir qui serait honoré par la République. Philipe Jost a demandé aux entreprises de désigner elles-mêmes les «lauréats» sachant que la présidence de la République voulait éviter de récompenser uniquement les directions. Face à un choix difficile, certaines entreprises ont été jusqu’à laisser leurs salariés décider entre eux.
«La liste a veillé à un équilibre, entre fonctionnaires et non-fonctionnaires, homme et femmes, et en respectant l’ensemble des corps de métiers, ainsi que la diversité géographique puisque nombre d’entreprises du patrimoine, des métiers d’art ou du bâtiment sont en région», poursuit l’Élysée.
« Transformer le charbon en art »
33 personnes recevront la Légion d’honneur, et 67 autres, l’Ordre national du Mérite. Le président de la République, va en remettre lui-même un certain nombre, mais pour des questions de « fluidité » et pour « montrer l’engagement collectif » des pouvoirs publics sur ce chantier, le premier ministre, la ministre de la Culture et plusieurs membres du gouvernement devraient aussi épingler des décorations.
Si le sentiment de fierté est très largement répandu parmi les récipiendaires – notamment au sein des salariés du bâtiment, secteur peu habitué à être mis en avant – il y a bien sûr des déçus parmi les recalés. Didier Durand, ancien président de Pierre Noël (maçonnerie et pierre de taille), et présent dès le lendemain de l’incendie, est visiblement heurté d’avoir été oublié. « Lors de sa dernière visite de chantier le 29 novembre dernier, le président de la République avait estimé que nous avions transformé le charbon en art. C’est vrai qu’au lendemain de l’incendie, nous avons ramassé, trié et évacué les débris pour que d’autres puissent travailler sur le chantier. Alors, pourquoi les gueules noires n’ont pas été honorées ? », se demande-t-il, blessé. Le conservateur Antoine-Marie Préaut, aujourd’hui à l’inspection générale des affaires culturelles, refuse quant à lui qu’on lui remette l’Ordre national du mérite tant qu’un projet de vitraux contemporains (6 baies dans des chapelles), qu’il désapprouve, est en cours.
« À travers les 100, la présidence va remercier tous ceux qui se sont engagés à fond pour une cause commune», estime l’Élysée. Au-delà, le président de la République devrait, dans son allocution, « indiquer comment l’esprit de Notre-Dame peut se perpétuer dans un certain nombre d’autres chantiers, dans les prochaines années », ajoute-t-on dans son entourage.
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