TÉMOIGNAGES – Trois gardiennes du championnat de France racontent la spécificité d’affronter Lyon, «la meilleure équipe au monde» qui reçoit le Paris FC samedi (21h). Entre crainte d’encaisser une pluie de buts et enthousiasme à l’idée de pouvoir s’illustrer.
Chaque week-end ou presque, sur les pelouses de l’Arkema Première Ligue, il y a David contre Goliath. Depuis des années, l’Olympique Lyonnais écrase la concurrence, à l’exception du Paris Saint-Germain et, parfois, du Paris FC qui déjouent les pronostics. Cette saison, l’OL a gagné 18 de ses 19 matches de championnat, avec un total de 86 buts marqués. Un chiffre à faire pâlir les gardiennes adverses. Ou pas.
Chloé N’Gazi, passée par Orléans, Fleury et Le Havre, s’en frottait les mains. «J’appréhendais moins un match contre Lyon que contre une autre équipe car on n’était pas favorites. Tu te dis que tu ne peux que bien faire», positive l’actuelle gardienne de l’Olympique de Marseille. «On espère toujours faire l’exploit, gagner, faire un nul ou ne pas encaisser de but», développe Justine Lerond, portière de Montpellier et membre des Bleues à l’Euro 2022.
«On travaille pour jouer contre ces équipes»
Le «clean sheet» (match sans encaisser de but), le Paris FC l’a réussi en octobre dernier. C’est le seul accroc en championnat de l’OL cette saison (0-0), et la principale raison se nomme Chiamaka Nnadozie, autrice de sept arrêts. «On travaille pour jouer contre ces équipes. Tu grandis en les affrontant», estime la gardienne nigériane.
Le rendez-vous est forcément coché à l’avance sur le calendrier. La préparation peut différer. N’Gazi a parfois spécifié son entraînement en vue d’équipes qui évoluent en contre-attaque. «Avant Lyon, on travaillait tout : frappes de loin, face-à-face, centres en retrait…» Lerond compare les matches face à l’OL à «ces jeux réduits à l’entraînement où il y a beaucoup d’arrêts à faire».
Car c’est le point névralgique de ces 90 minutes pour ces femmes gantées : il va y avoir du boulot. «Moi j’adore car je sais qu’il y aura beaucoup d’action», sourit N’Gazi. «C’est là que je prends le plus de plaisir», abonde Lerond. Que ce soit dans le foot féminin ou masculin, chez les amateurs ou les pros, une chose fait l’unanimité : avoir beaucoup d’arrêts à faire permet de rester concentré et impliqué.
J’étais frustrée d’en avoir pris trois mais quand même contente parce qu’avec elles, d’habitude, c’était minimum quatre.
Chloé N’Gazi, gardienne de l’OM et internationale algérienne
«Par exemple quand je joue contre Guingamp (lanterne rouge de D1), ce n’est pas pareil. Contre Lyon, tu dois être en alerte à chaque instant», éclaire Nnadozie. Ces affiches déséquilibrées peuvent déboucher sur un sentiment «paradoxal», constate N’Gazi, qui avait sorti le grand jeu avec Fleury en décembre 2023. Défaite 1-3 à l’arrivée. «J’étais frustrée d’en avoir pris trois mais quand même contente parce qu’avec elles, d’habitude, c’était minimum quatre», s’esclaffe l’internationale algérienne de 28 ans.
Se retrouver face à Ada Hegerberg, Eugénie Le Sommer, Tabitha Chawinga ou Melchie Dumornay pourrait intimider. «J’avais plus d’appréhension quand j’étais jeune, raconte Lerond, 25 ans et lancée dans le bain de la D1 Arkema à 16 ans. Je me disais : “C’est Lyon, il y a des joueuses de fou”. On n’a pas le recul, on pense qu’on va pouvoir tout sauver.»
Aujourd’hui, la portière héraultaise les voit comme «des adversaires normales. Bien sûr il y a une meilleure finition, mais je ne pense pas à ça. Je pense juste à comment être la plus performante possible.» Elle aussi a sorti un match fantastique en octobre dernier, 10 arrêts dont un penalty. Score final : 4-0 pour Lyon. Scénario cruel que Nnadozie, 24 ans, gardienne parisienne depuis 2020, cherchera à éviter au Groupama Stadium. Elle qui salive à l’idée de se frotter à nouveau à «la meilleure équipe du monde».
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